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USA : verdict jeudi pour un troisième policier dans l'affaire Freddie Gray


Reportage photo à Baltimore, un an après les manifestations pour Freddie Gray

Reportage photo à Baltimore, un an après les manifestations pour Freddie Gray

Un tribunal de Baltimore a entendu lundi les plaidoiries de clôture du procès d'un policier accusé de l'homicide de Freddie Gray, un Noir américain mortellement blessé dans un fourgon de police, un décès qui avait déclenché des émeutes locales et une controverse nationale.

Caesar Goodson est le troisième des six policiers impliqués dans l'arrestation de Gray à comparaître. Le verdict le concernant sera rendu jeudi.

Deux policiers ont déjà été jugés. Le premier procès s'était conclu en décembre sur une annulation surprise, les jurés ayant échoué à s'accorder sur un verdict. Le deuxième policier a lui été acquitté le mois dernier.

L'agent Goodson était lui au volant du fourgon dans lequel Freddie Gray, 25 ans, avait subi le 12 avril 2015 une fracture des vertèbres cervicales tandis qu'il avait les membres entravés.

Les procureurs affirment que le chauffeur a volontairement adopté une conduite brutale, dans le but de ballotter l'interpellé entre les parois du véhicule.

Caesar Goodson est donc inculpé de meurtre --lui faisant encourir 30 ans de prison-- mais le juge Barry Williams pourrait décider de le condamner seulement pour homicide involontaire, voire se laisser convaincre par la thèse accidentelle avancée par les policiers.

Les procureurs accusent également Goodson d'avoir refusé des soins à Freddie Gray, avant que ce dernier sombre dans un coma irréversible.

"Par quatre fois il a failli à ses obligations, en conséquence de quoi la vie de Freddie Gray a tourné court", a dénoncé lundi Janice Bledsoe, la procureure-adjointe.

"Les preuves avancées démontent la thèse du transport volontairement brutal", a au contraire rétorqué Matthew Fraling, l'avocat du policier.

Durant les débats, le juge Williams a également demandé avec insistance aux procureurs de justifier leur thèse, les interrogeant en particulier sur "l'intention" fatale qu'auraient eue les policiers en décidant de ne pas attacher la ceinture de sécurité de Freddie Gray.

"L'intention", a répondu le procureur-adjoint Michael Schatzow, "était de le cogner dans tous les sens. Comme une boule de flipper".

A plusieurs égards, l'affaire Freddie Gray a pris une forte charge symbolique qui déborde largement du cadre du simple fait divers.

Pour la famille de la victime et une bonne partie des habitants noirs de Baltimore, ce dossier est un cas d'école des brutalités policières contre leur communauté.

La mort de Freddie Gray avait déclenché des émeutes, des pillages et de graves actes de vandalisme. Les autorités avaient déclaré l'état d'urgence, instauré un couvre-feu nocturne et appelé en renfort les militaires de la Garde nationale.

Le président Barack Obama avait condamné les violences, tout en relevant les "questions troublantes" restant en suspens.

Avec AFP

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