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Un ver immortel pour lutter contre les bactéries


(iStockPhoto)

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Face au virus à Ebola, au VIH ou encore à la tuberculose, il devient de plus en plus urgent de mettre au point de nouvelles défenses contre les virus et les bactéries résistantes aux antibiotiques. D’où l’importance de travaux menés sur un petit ver plat aquatique nommé la planaire.

Des chercheurs de l'Unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes du CNRS, en collaboration avec le Centre méditerranéen de médecine moléculaire et d'autres laboratoires français et étrangers, ont identifié une nouvelle voie de défense contre les bactéries en étudiant ce ver. Il faut dire que la planaire est connue pour ses capacités de régénération étonnantes, qui en font un être potentiellement immortel. Elle résiste à des bactéries très pathogènes, voire mortelles pour l'Homme, explique Eric Ghigo, qui a dirigé l’équipe de chercheurs du CNRS.

« Il faut aussi pouvoir comprendre comment ces bactéries arrivent à survivre dans l’organisme, malgré ses défenses immunitaires » a expliqué le chercheur dans une interview avec la Voix de l’Amérique (VOA).

La planaire est un ver qui est utilisé dans la régénération car si on le coupe, chaque fragment va donner un nouveau ver. Mais l’équipe menée par M. Ghigo a choisi de déterminer si la planaire avait une réponse immunitaire qui pouvait être aussi extraordinaire que sa capacité de régénération.

Les chercheurs ont infecté la planaire avec des agents pathogènes, notamment pour l’homme. Contrairement à l’être humain, ou encore aux modèles d’organismes habituels comme la souris, « la planaire est capable finalement d’éliminer toutes les bactéries qu’on lui a donné à manger » a constaté M. Ghigo, évoquant « enfin, un modèle de résistance ».

Pour comprendre la réponse immunitaire de la planaire, les chercheurs ont étudié son profil génomique, c'est-à-dire sa réponse génétique à l’infection, et ils ont identifié 18 gènes. Or, « lorsqu’ils sont neutralisés dans la planaire, ces gènes la rendent incapable de résister aux bactéries », affirme M. Ghigo. A noter que comme les chercheurs ont caractérisé quelques 1.600 gènes, et n'en ont identifié que 18, il reste beaucoup de travail à faire.

Il s’agit maintenant de déterminer si les gènes qui rendent la planaire résistante existent chez la souris, ou encore l’homme. Et s’ils existent, « s’ils peuvent donner aux cellules humaines des capacités d’élimination des bactéries », poursuit le chercheur du CNRS.

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