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Joseph Kabila ne quittera pas le pouvoir le 19 décembre, selon son conseiller


Barnabé Kikaya Bin Karubi à Washington, le 1er décembre 2016 (VOA/Nicolas Pinault)

Alors que beaucoup craignent des violences après le 19 décembre en RDC si Joseph Kabila se maintient au pouvoir, son conseiller diplomatique affirme sur VOA Afrique que le président congolais ne s'en ira pas à la fin de son mandat mais après les élections. Barnabé Kikaya Bin Karubi confirme aussi que Kabila est favorable à une rencontre avec Tshisekedi.

La date du 19 décembre approche et toujours pas d'avenir politique clair en République Démocratique du Congo. Que va-t-il se passer ?

Barnabé Kikaya Bin Karubi : "Il y a eu beaucoup de désinformation et sous-information. Les Congolais ont trouve une solution pour l'après 19 décembre. La constitution dit clairement que le président de la république, qui a déjà accompli ses deux mandats électifs, peut rester en fonctions. La fonction de président se poursuit, même si la légitimité électorale se termine, jusqu'à ce qu’il y ait un nouveau président élu à qui le président Kabila va transférer le pouvoir. Nous nous sommes retrouves dans un dialogue qui s'est conclu par un accord qui prévoit une gestion consensuelle de la période qui va mener a ces élections. Nous avons convenu que le poste de Premier ministre irait à l’opposition. C’est pour cela que Samy Badibanga a été nommé. Cette nomination a été saluée par la population congolaise comme un geste pour faire baisser les tensions et aller vers ces élections."

Certains vous accusent de violer la feuille de route puisqu'il n'y a toujours pas de gouvernement.

Barnabé Kikaya Bin Karubi : "Cela ne serait tarder. Il est vrai que c'est un exercice complique car c'est un gouvernement d'union nationale. Le Premier ministre poursuit ses consultations. D'ici le début de la semaine prochaine, je pense, nous aurons un gouvernement."

Pourquoi Joseph Kabila n'a-t-il toujours pas dit qu'il ne se représentera pas pour un troisième mandat ?

Barnabé Kikaya Bin Karubi : "Si vous avez suivi sa dernière adresse à la Nation, il a dit clairement que la constitution sera respectée dans toutes ses dispositions. Une de ces dispositions, je le répète, est que le président actuel ne peut pas briguer un troisième mandat. Ce n’est pas sorcier. Il l’a dit à maintes reprises mais les gens continuent de poser la question, on ne sait pas pourquoi."

Cela n’a jamais ete dit clairement comme vous venez de le faire

Barnabé Kikaya Bin Karubi : "Modifier la constitution, c’est non et le président Kabila l’a dit. Je rappelle que de nombreux pays dans la région d’Afrique Centrale ont modifié leurs constitutions. Nous aurions pu le faire en même temps pour ne pas être pointes du doigt. Mais nous ne l’avons pas fait.”

Que répondez-vous aux membres du Rassemblement, notamment Jean-Marc Kabund de l’UDPS, qui demandent une rencontre Kabila-Tshisekedi pour régler la crise ?

Barnabé Kikaya Bin Karubi : "Il ne fait que nous rejoindre puisque c’est le président Kabila qui a fait cette proposition lors de la visite du Conseil de sécurité de l’ONU à Kinshasa. J’étais dans la salle quand le président a lancé un appel à Etienne Tshisekedi pour venir le rencontrer. Alors, je suis surpris que quelqu’un organise une conférence de presse dans laquelle il répète la même chose. Le président Kabila n’a jamais fermé sa porte, il est prêt à recevoir tous les Congolais. "

Donc cette rencontre va-t-elle avoir lieu ?

Barnabé Kikaya Bin Karubi : "Je n’ai pas dit cela mais le président y est favorable en tout cas. Une telle rencontre de haut niveau, cela se prépare par une réunion de préparation entre les deux équipes par exemple."

Les sanctions américaines contre des militaires congolais, est-ce un sujet qui fâche ?

Barnabé Kikaya Bin Karubi : "Bien sûr, un pays ami, un partenaire comme les Etats-Unis ne peut pas prendre des mesures punitives comme celles-là. Ces mesures punitives ne servent a rien. Ils ont pris ces mesures contre trois de nos meilleurs généraux qui sont toujours en fonction à Kinshasa, et ça ne sert à rien. Les Etats-Unis sont un pays souverain, ils font ce qu’ils veulent mais il est de notre devoir de leur montrer qu’ils font fausse route puisque les sanctions n’ont jamais rien prouvé nulle part. Il y a ici une dose d’ingérence. Les règles internationales recommandent un peu de retenue."

Les autorités congolaises sont aussi accusées de vouloir faire taire les voix dissidentes en RDC. Quelle votre réponse ?

Barnabé Kikaya Bin Karubi : "C’est faux. A chaque fois qu’il y a des arrestations à Kinshasa ou d’autres villes, c’est qu’il y a des troubles. Comme nous sommes au pouvoir, nous avons l’obligation de faire respecter la loi qui recommande une autorisation préalable avant chaque manifestation. Quand bien même il y aurait une autorisation, il n’est pas autorisé de mettre en danger la vie des personnes et de leurs biens. Si Lucha ou les autres associations n’arrivent pas à contrôler leurs sympathisants qui se livrent a des pillages et de la casse, la police les arrête."

Et les morts lors des manifestations ? Les sièges de partis politiques attaques et/ou incendies ?

Barnabé Kikaya Bin Karubi : "Le gouvernement a publié un livre blanc à ce sujet. Les tueries, ou tout ce que vous voulez, ont eu lieu dans des endroits où se déroulaient des pillages. La plupart des morts étaient en train de commettre des actes de vandalisme."

Moise Katumbi a déclaré sur VOA Afrique que le peuple allait récupérer le pouvoir le 19 décembre, que lui répondez-vous ?

Barnabé Kikaya Bin Karubi : "C’est très mal venu, ces déclarations incendiaires qui vont mettre des gens dans la rue. Nous lui disons qu'il nous prouve qu'il a le peuple derrière lui et que ce peuple congolais puisse l'élire dans les urnes."

Que fera Joseph Kabila le 20 décembre à 00h01 à Kinshasa ?

Barnabé Kikaya Bin Karubi : "Le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest. Il sera à​ la présidence parce que la constitution de la RDC lui demande de rester tant qu’il n’y a pas de président élu. Nous disons à la communauté internationale de venir nous aider à organiser ces élections que nous avons décidées pour avril 2018. Le président Kabila quittera alors le pouvoir"

Propos recueillis par Nicolas Pinault

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