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Un agriculteur surmonte le défi posé par la salinité des sols


Inonder des champs de coton peut renforcer la salinité des sols

Inonder des champs de coton peut renforcer la salinité des sols

Cela fait plusieurs années que Marc Van Rijsselberghe procède à des expériences, arrosant ses plantes avec de l’eau salée pour mieux identifier celles qui supportent la salinité.

Parmi les effets néfastes du réchauffement climatique: la hausse du niveau des mers, ce qui contamine les réservoirs d’eau potable. On s’inquiète de la salinité croissante des eaux, qui ne peuvent servir aux cultures. Sauf qu’aux Pays-Bas, un exploitant agricole a trouvé le moyen de faire pousser ses récoltes avec de l’eau salée.

La salinisation des sols progresse dans le monde et concerne un cinquième des terres irriguées. Une étude de l'Institut pour l’eau, l’environnement et la santé au sein de l’université des Nations Unies, publiée fin octobre, révèle l’ampleur de ce phénomène qui fait perdre chaque année 1 à 2 % des terres cultivées à travers le monde.

Ce qui laisse Marc Van Rijsselberghe de marbre. Cela fait plusieurs années que ce fermier néerlandais procède à des expériences, arrosant ses plantes avec de l’eau salée pour mieux identifier celles qui supportent la salinité.

« Nous plaçons beaucoup de plantes dans les champs et on leur administre de l’eau douce et de l’eau de mer - et tous les mélanges possibles des deux. Et puis, on regarde quelles variétés peuvent survivre, et lesquelles meurent », déclare M. Van Rijsselberghe.

Le fermier travaille de concert avec des scientifiques de l’université libre d’Amsterdam. Il a divisé sa ferme en huit lots de terres, couverts par un réseau de tuyaux d’irrigation. Certains distribuent de l’eau potable, d’autres de l’eau salée, grâce à un système informatisé qui répand jusqu’à huit mélanges différents.

« Et puis l'ordinateur dit: ‘‘Go’’, et l’eau part dans les champs et l'irrigation au compte-goutte commence, et on tue les plantes. Voilà », ajoute-t-il.

De nombreux capteurs contrôlent en permanence la salinité et l'humidité des sols. Le fermier affirme avoir été en mesure de récolter des légumes dans la plupart des parcelles mises à l’essai. Même s’ils étaient plus petits que la normale, ils contenaient davantage de sucre et de sel, de sorte que leur goût était meilleur.

« C’est un miracle », se réjouit M. Van Rijsselberghe. « Cela ne devrait pas être une carotte », ajoute-t-il en regardant le légume dans sa main. « Elle devrait être en train de mourir, si l'on s'en réfère aux données disponibles dans le monde actuellement ».

De ce fait, sa ferme parvient à faire pousser non seulement des carottes, mais des choux-fleurs, des oignons et des betteraves. De surcroît, les pommes de terre se sont avérées particulièrement tolérantes à l’eau salée. Quatre variétés ont d’ailleurs été expédiées au Pakistan, où des milliers d’hectares endommagés par la salinité vont permettre de procéder à un nouvel essai, plus élargi, de ces pommes de terre.

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