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Uber roule au pas en Afrique


Un nouveau conducteur Uber dans sa voiture à Nairobi le 9 mars 2016.

Un nouveau conducteur Uber dans sa voiture à Nairobi le 9 mars 2016.

Six ans après sa création à San Francisco, l'entreprise Uber - qui met en contact conducteurs et passagers - essaie de s'implanter en Afrique malgré la grogne des taxis. Après l'Afrique du Sud en 2013, la star-up californienne lorgne sur tout le continent.

Uber arrive en Afrique, avec ses arguments de vente pensés et affutés. Rien ne peut faire chanceler Alon Lits, le directeur de la zone subsaharienne chez Uber. Ni la rage des taxis face à l'application. Pas même le lent développement d'internet. Ou bien même l'adaptation des moyens de paiement en Afrique.

Uber s'installe à Johannesburg en août 2013. Très vite, l'application est disponible à Cape Town, Port Elizabeth et Durdan.

Au Nigeria, l’application est lancée en juillet 2014, puis à Abuja. Le Kenya est le petit dernier de la liste avec Mombasa démarré en janvier 2015.

"Uber pourrait résoudre beaucoup de problèmes de transport en Afrique", assure à VOA Afrique Alon Lits, "dans de nombreuses villes, il n'y a pas de réels moyens de transport".

Mais le directeur de Uber en Afrique y voit également une opportunité pour les conducteurs : "Nous avons beaucoup de demandes de conducteurs qui veulent lancer leur entreprise, ce que l'on aide à faire".

Une application américaine, adaptée aux problématiques africaines

Uber s'est aussi adapté. Alors qu'aux États-Unis, tous les paiements se font par carte bancaire, l'équipe africaine s'est vite rendu compte que ce type de paiement n'est pas adapté à l'Afrique. "C'est pour cela qu'en août 2015, nous avons été les deuxième, après l'Inde, a donné la possibilité de payer en liquide", ajoute-t-il, expliquant un boom rapide de l'utilisation de Uber.

"En deux ans, nous sommes passés d'un million de trajets par an à deux millions, et ça ne fait que s'amplifier", se félicite-t-il.

L'adaptation a dû être également appliquée à l'utilisation de Google Map. "Les cartes disponibles n'étaient pas forcément mises à jour "avec des routes plus petites qui n'étaient pas sur l'application".

C'est pour cela qu'Uber décide de travailler main dans la main avec la star-up kényane "Okhi", qui permet de donner une photographie de la destination, "ce qui facilite le travail pour le conducteur".

Après le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Kenya, le Maroc et l’Egypte, la société de voiture en ligne devrait s’installer à la fin du mois de juin en Tanzanie, en Ouganda et au Ghana.

Uber commence déjà à regarder en Afrique de l'Ouest, avec la Côte d'Ivoire et le Sénégal de son viseur.

La grogne des taxis face à Uber

L'installation du géant américain ne s'est pas fait sans heurts. En Afrique du Sud et au Kenya, les chauffeurs de taxi se sentent menacés et protestent régulièrement.

En février dernier, au Kenya, les taxis avaient même lancé un ultimatum au gouvernement, lui donnant sept jours pour faire interdire l’entreprise américaine. Ils ont menacé de paralyser le transport routier. Ils accusent la compagnie de concurrence déloyale, avec des tarifs très bas.

Alon Lits y voit une "mésinformation des chauffeurs sur le sujet" qui devraient plutôt regarder l'application comme une opportunité, plutôt que comme une menace.

"Si un chauffeur n'a pas de clients ou doit attendre pendant une heure un autre client, il peut enclencher l'application et travailler au lieu de perdre son temps", lance-t-il pour contrer les arguments des mécontents.

Les taxis kenyans provoquent des bouchons pour contester l'arrivée d'Uber à Nairobi , Kenya, 14 avril 2015.

Les taxis kenyans provoquent des bouchons pour contester l'arrivée d'Uber à Nairobi , Kenya, 14 avril 2015.

Une concurrence qui se construit

Mais le concept du partage de voiture n'a pas attendu Uber pour s'installer. Easy Taxi, une star-up sud-américaine qui s'est lancé en 2012, est actuellement disponible en Égypte, au Kenya, au Nigeria et déjà au Ghana.

Au coude à coude avec les applications de taxi, Maramoja ("à l’instant", en swahili) a été lancé au Kenya pour connecter les conducteurs et les passagers en février 2015, un mois seulement après Uber.

De son côté, en juin 2015, la Côte d'Ivoire a vu s'implanter Taxi Jet, un concept présenté dans cette video de VOA Afrique :

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