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Migrants: la Turquie assure que l'accord avec l'UE respectera le droit international


Le Premier ministre Turc Ahmet Davutoglu, avec le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker,et le Président du Conseil européen Tusk, Bruxelles le 8 mars 2016.

Le Premier ministre Turc Ahmet Davutoglu, avec le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker,et le Président du Conseil européen Tusk, Bruxelles le 8 mars 2016.

La Turquie a assuré vendredi que le projet d'accord en discussion avec l'Union européenne (UE), qui inclut une mesure controversée de retour de tous les migrants, y compris les réfugiés syriens, vers son territoire, respecterait le droit international.

"Il est hors de question pour nous de faire quoi que ce soit de contraire au droit international", a déclaré sous couvert d'anonymat le responsable turc, "il est important pour nous que l'accord soit compatible avec le droit international des migrations".

Ebauché lundi à l'occasion d'un sommet à Bruxelles et censé offrir enfin une réponse à l'afflux chaotique de réfugiés vers l'Europe, le projet d'accord prévoit la réadmission en Turquie de tous les migrants arrivés clandestinement en Grèce.

En échange, les Européens s'engageraient, pour chaque Syrien renvoyé en Turquie, à accepter un demandeur d'asile syrien sur leur territoire.

Le projet d'accord entre Bruxelles et Ankara fait l'objet de multiples critiques au sein même des 28 pays membres européens. De nombreuses ONG ont dénoncé un risque de discriminations entre réfugiés, et l'ONU l'a jugé "illégal" et a mis en garde contre de "possibles expulsions collectives et arbitraires".

"Des milliers de personnes sont en ce moment en train de traverser (la mer Egée à partir de la Turquie) vers les îles grecques dans des conditions très périlleuses. Nous voulons mettre un terme à ça", a poursuivi le responsable turc.

"Une fois que l'accord sera en place, nous reprendrons tous les migrants irréguliers qui arrivent sur les îles (grecques)", a-t-il ajouté, "nous ne renverrons pas les Syriens dans d'autres pays, ils resteront chez nous et s'ils le veulent ils pourront aller dans d'autres pays par n'importe quelle voie légale".

- " Plus de morts" -

En contrepartie, Ankara exige de l'UE le doublement de trois à six milliards d'euros de l'aide proposée par Bruxelles pour l'accueil des Syriens qui fuient la guerre dans leur pays.

La Turquie, qui héberge déjà 2,7 millions de réfugiés syriens, a par ailleurs demandé une exemption de visas dès la fin juin pour ses ressortissants voulant voyager dans l'UE et l'ouverture rapide de négociations sur cinq nouveaux chapitres d'adhésion.

Ces propositions doivent être finalisées d'ici à un sommet de l'UE les 17 et 18 mars.

Dans ce cas, la Turquie et la Grèce signeront un nouvel accord bilatéral de "coopération", a ajouté le responsable turc.

"C'est un projet qui vise à stopper le flot des migrants irréguliers qui traversent la mer Egée", a-t-il souligné, expliquant qu'il était différent de l'accord de réadmission déjà existant. "Les deux pays décideront de sa durée d'application", selon le responsable.

Réunis mardi à Izmir (ouest de la Turquie), les Premiers ministre turc Ahmet Davutoglu et grec Alexis Tsipras se sont promis de coopérer pour enrayer le flot des migrants.

Selon des chiffres publiés vendredi par l'Office international pour les migrations (OIM), quelque 137.000 migrants ont réussi à entrer en Grèce via la mer Egée depuis le 1er janvier, après un nombre record de 850.000 en 2015.

Le responsable turc a réaffirmé l'objectif d'éliminer totalement les migrations clandestines à partir de ses côtes. "Nous n'espérons pas que le chiffre (des migrants) se réduise mais qu'il soit ramené à zéro (...) nous ne voulons plus de morts", a-t-il insisté.

Depuis le 1er janvier, 354 migrants ont trouvé la mort en mer Egée, selon l'OIM.

Avec AFP

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