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Les journalistes se disent harcelés par l’Agence nationale de sécurité au Tchad

  • Timothée Donangmaye

L'entrée principale de la bourse de travail quadrillée par la police à N’Djamena, Tchad, 6 decembre 2016. VOA/André Kodmadjingar

L'entrée principale de la bourse de travail quadrillée par la police à N’Djamena, Tchad, 6 decembre 2016. VOA/André Kodmadjingar

« Le journaliste n’est pas au-dessus de la loi », a tenu à souligner le président de l’Union des journalistes tchadiens. C’est au Haut Conseil de la communication et à la justice de traiter les questions relatives aux délits de presse, a rappelé Belngar Larmé Laguerre.

Les organisations de la presse privée du Tchad dénoncent "le harcèlement et les menaces dont sont victimes certains journalistes » de la part de l’Agence nationale de sécurité (ANS)."

Dans un communiqué en date du 2 mars 2017, elles ont fait part de leurs inquiétudes concernant le sort des directeurs de publication de Tribune Info, Eric Kokinangué, de Mutations, Malachie Mbaïraga Djonbé, et de Haut-Parleur, Mbaïrabé Stéphane Ouaye. Le communiqué s’inquiète aussi de la situation d’un "collaborateur des journaux, Daniel Ngadjadoum, enlevé dimanche dernier à sa sortie de l’église, en pleine journée, puis relâché trois jours après."

Malachie Mbaïraga Djonbé aurait publié un article sur un agent de l’ANS exerçant comme journaliste à Moundou, dans le Sud du pays, a expliqué, dans une interview à VOA Afrique, Belngar Larmé Laguerre, président de l’Union des journalistes tchadiens. Ce dernier dit ignorer ce qui est reproché aux autres journalistes.

L’Union des journalistes tchadiens, l’Association des éditeurs de la presse privée au Tchad, l’Union des radios privées du Tchad et la Convention des entrepreneurs de presse privée du Tchad s'insurgent contre "le recul des libertés de presse et d'expression garanties par l'article 72 de la Constitution du Tchad."

"Le journaliste n’est pas au-dessus de la loi", a tenu à souligner le président de l’Union des journalistes tchadiens. C’est le Haut Conseil de la communication et à la justice de traiter les questions relatives aux délits de presse, a rappelé Belngar Larmé Laguerre, ajoutant : "Il n’appartient à l’Agence nationale de sécurité de traquer les journalistes parce que ce n’est pas son travail."

Le président du Haut Conseil de la communication, Dieudonné Djonabaye, rappelle, pour sa part, que cet organe a pour mission de garantir la liberté de la presse et la liberté d’expression. » Selon lui, les journaux ayant des problèmes avec les services de sécurité ont choisi d’évoluer hors du cadre légal.

"Nous constatons, ici à N’Djaména, que la plupart des journaux refusent de faire le dépôt légal", a dit M. Djonabaye. Cela constitue, à son avis, une négation du rôle du Haut Conseil de la communication qui, a-t-il souligné "est pourtant une émanation de la presse tchadienne."

En l’absence du dépôt légal, il n’y pas grand-chose que le Haut Conseil ou la justice puisse faire, a-t-il conclu.

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