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La Syrie dans son entier est une "chambre de torture" s'alarme l'ONU


Zeid Ra'ad Al Hussein, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, le 27 février 2017 à Genève en Suisse. (Reuters/ Denis Balibouse)

Zeid Ra'ad Al Hussein, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, le 27 février 2017 à Genève en Suisse. (Reuters/ Denis Balibouse)

La Syrie toute entière est devenue une "chambre de torture", s'est alarmé mardi le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, estimant que le conflit qui entre dans sa septième année est "la pire catastrophe provoquée par l'homme depuis la Seconde Guerre mondiale".

"Aujourd'hui, en quelque sens, l'ensemble du pays est devenu une chambre de torture : un lieu d'une horreur sauvage et d'une injustice absolue", a déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein, lors d'un débat de haut niveau sur la Syrie devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

Le conflit, "cet immense raz-de-marée de sang et d'atrocités" qui entre dans sa septième année, est "la pire catastrophe provoquée par l'homme depuis la seconde Guerre mondiale", a-t-il estimé.

Il "a commencé avec des cas de torture : la détention et la torture, par des responsables des services de sécurité, d'un groupe d'enfants à Deraa qui avaient peint des graffitis anti-gouvernement sur le mur d'une école", a-t-il dit.

"Alors que les manifestations se multipliaient, le gouvernement a attaqué et mené la guerre contre son propre peuple, engendrant des mouvements rebelles, alimentant des extrémistes violents et préparant le terrain pour une guerre régionale et par procuration", a poursuivi le Haut-Commissaire.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), au moins 60.000 personnes sont mortes en six ans sous la torture ou à cause des terribles conditions de détention dans les prisons du régime.

Des enquêteurs de l'ONU ont accusé en février 2016 le régime de Damas d'"extermination" de détenus, affirmant que les morts massives de prisonniers étaient le résultat d'une "politique d'Etat".

"Même les appels désespérés du peuple d'Alep l'an dernier n'ont pas eu d'impact sur les dirigeants mondiaux dont l'influence pourrait contribuer à mettre fin aux combats", a déploré M. Zeid.

"Les veto" au Conseil de sécurité "ont maintes fois repoussé l'espoir de mettre fin à ce carnage insensé et ont empêché de renvoyer" la situation en Syrie devant la Cour pénale internationale, qui dispose d'un pouvoir juridictionnel sur les crimes internationaux, a-t-il critiqué.

Le guerre civile en Syrie a été déclenchée par la répression sanglante de manifestations pro-démocratie. Le conflit s'est complexifié depuis avec l'implication et l'intervention de plusieurs forces locales et étrangères faisant plus de 320.000 mort, selon l'OSDH, et déplaçant plus de la moitié de la population.

Avec AFP

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