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Sur VOA Afrique, Ali Bongo Ondimba sûr de sa victoire à la présidentielle au Gabon


Dans cet entretien accordé à Washington en marge du sommet sur la sécurité nucléaire, le président gabonais se déclare aussi surpris de la démission du président de l'Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama.

Pourquoi le Gabon participer à ce sommet de Washington sur le nucléaire ?

Ali Bongo Ondimba : "Le Gabon était un producteur d’uranium. Nous sommes maintenant dans une phase de non-production, mais nous avons encore quelques sites d’uranium. Cela dit, tout le monde est concerné par la sécurité nucléaire parce qu’il s’agit aussi d’empêcher que l’arme nucléaire puisse arriver dans de mauvaises mains. En ce qui concerne l’Afrique, ce sont donc les mouvements fondamentalistes qui recherchent des possibilités de pouvoir mettre la main sur du nucléaire. Alors, demain, nous avons des projets où il y a aussi de l’uranium, pour repartir. Donc il y a cet aspect sécuritaire et il y a aussi l’aspect de travailler ensemble pour faire en sorte que la planète soit beaucoup plus sûre et aussi regarder toutes les possibilités d’énergies qui peuvent s’offrir aux différents pays; donc le nucléaire civil peut être aussi une solution pour combler le problème de déficit d’énergie que nous pouvons avoir."

Est-ce que le Gabon a les moyens d’avoir un regard sur qui vient acheter son uranium ?

Ali Bongo Ondimba cBien sûr ! Aujourd’hui plus qu’avant, nous le faisons en partenariat, nous répondons à toutes les conditions et nous respectons tout ce que l’AIEA indique. Il faut surtout être sûr que de mauvaises mains ne puissent pas venir mettre la main sur les minerais, mais ça, nous avons évidemment les moyens de le savoir."

L'actualité politique au Gabon c’est la démission du président de l’Assemblée nationale. Guy Nzouba Ndama était au perchoir depuis 1997.

Ali Bongo Ondimba : "Je suis surpris, car ce n’est pas du tout ce que me laissait entendre la dernière conversation que j’ai eue avec lui. Bon maintenant, il m’a écrit une lettre, je n’ai pas lu cette lettre. Je ne peux pas spéculer. Je verrai beaucoup plus clair lorsque je rentrerai à Libreville et que j’aurai lu sa lettre."

Mais la Lettre du Continent avait fait savoir qu’il allait annoncer lui-même sa candidature à la présidentielle le 5 avril?

Ali Bongo Ondimba : "Ca fait plusieurs semaines qu’on a dit (…), qu’il allait faire une annonce au mois de mars, puis que ça avait été repoussé au mois d’avril. Donc il ne faut pas spéculer; nous attendons. Il m’a écrit une lettre. Je lirai cette lettre. A ce moment-là, je verrai. Pour l’instant, il n’y a pas de péril en la demeure."

Dès l’annonce de votre candidature, il y a eu des caciques du PDG qui ont dit que ce n’était pas la procédure et ces barons ont été exclus.

Ali Bongo Ondimba : "Non, pas du tout. La procédure était celle qui a été indiquée, conforme à l’article 29 de nos statuts qui dit clairement ceci : “si le président du parti est en même temps président de la république, il est le candidat naturel du PDG.” C’est ce qui se fait un peu partout dans le monde. Un président sortant a toujours un avantage. En 2009, je n’étais pas président et je suis passé par la formule des primaires. Donc, je ne redoute pas les primaires. Nous étions dix candidats aux primaires, je suis passé par là."

Le président de l’Assemblée nationale qui s’en va ainsi que trois caciques. Vous n’avez pas l’impression qu’il y a beaucoup de barons qui quittent le navire ?

Ali Bongo Ondimba : "Ça ce n’est pas la première fois. En 1993, le président de l’Assemblée nationale, qui s’appelait d’ailleurs Jules Bourdes-Ogouliguendé, nous avait quitté. Donc, ce n’est pas la première fois."

Etes-vous convaincu que vous allez gagner ce scrutin?

Ali Bongo Ondimba : "On ne se lance pas dans une aventure comme celle-là si on n’a quand même pas de chance de succès. Moi je sais ce que nous avons fait. J’ai un programme. J’ai un certain nombre d’acquis et par rapport à cela, par rapport au programme qui est le mien, je pense que je peux susciter le soutien de mes compatriotes."

Pourquoi n'y a-t-il jamais eu de dialogue avec l’opposition gabonaise ?

Ali Bongo Ondimba : Il y a toujours eu le dialogue avec l’opposition gabonaise. Maintenant, ça dépend de ce que vous mettez comme définition dans le terme de “dialogue”; parce que, pour certains, dialogue c’est “vous écoutez ce que je vous dis et vous faites ce que je vous dis”. Pour eux, c’est ça le dialogue. Mais ce n’est pas ça le dialogue. Le dialogue suppose quand même que l’on accepte que l’on puisse avoir une opinion différente. Le dialogue n’a jamais été que d’avoir la même opinion. On discute, donc je l’ai fait. J’ai consulté l’opposition à plusieurs reprises. Et je trouve maintenant que, nous sommes aussi en démocratie, et qu’il ne faille pas absolument que, parce qu’on est un Africain, on doit faire les choses différemment. Nous sommes allés tous devant les populations avec un programme. La population choisit un programme. Pourquoi voulez-vous que celui qui est élu, mette son programme de côté pour prendre le programme des autres, le programme qui a été rejeté ? Pourquoi voulez-vous que je le fasse?

Pour apaiser les esprits...

Ali Bongo Ondimba : "Apaiser quoi ? La population a eu le temps de choisir. A quoi sert l’élection ? Les élections servent à ce que nous allions devant le peuple et que nous présentions tranquillement, calmement nos programmes. Le peuple est le souverain qui choisit. Maintenant quand le peuple a choisi, il faudrait que l’on mette de côté ce choix là pour aller vers ceux que le peuple a rejeté ? Il y a un problème là. Pourquoi ce n’est pas exigé ailleurs ? Pourquoi c’est seulement exigé en Afrique ?

Je ne sais pas mais quand il y a des élections, il y a des violences aussi à Port-Gentil ?

Ali Bongo Ondimba : "Quelques violences. On a cité des morts qu’on n’a jamais pu trouver. C’est toujours la même chose. Mais quand il y a des violences aussi ailleurs, même ici ce n’est pas le même problème. Pourquoi les violences en Afrique sont regardées de manière différente qu’ailleurs. Il n’y a jamais de manifestations ailleurs qu’en Afrique ? Il n’y a jamais de violences dans les rues ailleurs qu’en Afrique ? Pourquoi faut-il que ça soit toujours l’Afrique où il y a deux, trois mouvements, tout de suite il faut dire 'Ah, il faut faire ceci, il faut faire cela'. Nous ne voulons pas une démocratie qui soit uniquement pour l’Afrique. Il faut que le système démocratique qu’il y a dans le monde entier, que ce soit le même pour nous aussi. Donc je ne vois pas pourquoi il y aurait des choses spécifiques…parce que c’est les Africains, il faut faire comme ça. Ailleurs on ne fait pas comme ça, pourquoi ? Nous avons tous voulu aller dans un système démocratique basé sur une pluralité d’opinions et laisser le peuple souverain décider. Eh bien, nous ne demandons ni plus, ni moins que tout ce qui se fait ailleurs.

Vous parlez de système démocratique; beaucoup de gens disent que vous avez hérité le pouvoir de votre père ?

Ali Bongo Ondimba : "Encore une fois, je vous rappelle que dans mon parti, qui était celui de mon père, dont il était le président, j’ai quand même été aux primaires. Et nous étions dix candidats. Donc je n’ai pas été le candidat naturel. Et je rappelle que mon père disait que je pouvais hériter de sa maison, mais pas de son fauteuil. Donc il a fallu que j’aille me faire un prénom. Et je partais avec un handicap qui était celui-là, justement parce que mon père a été président, ça n’a pas été forcément un atout. C’était plutôt un handicap. Donc moi, dans des situations comme celles-là, il fallait que je fasse deux fois plus pour prouver. Donc c’est ce que j’ai fait. Et c’est le peuple gabonais qui a décidé. Donc, encore une fois, une idée d’héritage. Bon, c’est de bonne guerre pour tous ceux qui sont mes adversaires de dire cela parce qu’ils n’ont pas gagné."

Parlant d’héritage, Pierre Péan l’a écrit, votre demi-sœur en France le dit, l’opposition s’est saisie du morceau, tous disent que vous êtes un enfant adopté. Pouvez-vous nous éclairer ?

Ali Bongo Ondimba : "Encore une fois, je dirais tout simplement que lorsqu’on accuse, il faut apporter la preuve de ce que l’on dit. Il parait même que Pierre Péan est allé au Nigeria, soit disant pour retrouver mes parents. Bonne chance ! Ils n’ont jamais apporté la moindre preuve de ce qu’ils ont avancé. Les tribunaux compétents comme le tribunal de Libreville a classé cette affaire et le tribunal de Nantes l’a fait. Maintenant, s’ils veulent aller attaquer l’Etat français, ils sont libres de le faire; s’ils veulent aller attaquer l’Etat gabonais, ils sont libres de le faire. Tout ceci nous montre quoi ? Tout ceci ne montre qu’une absence de programme à proposer aux Gabonais. Une absence sérieuse. Alors, on va essayer de divertir les Gabonais sur une affaire qui est montée de toutes pièces et qui est ridicule. Entre nous, mon père a eu beaucoup d’enfants et vous croyez que les membres de ma famille, ils auraient accepté de supporter tout ce qu’ils ont accepté ? Les critiques, les campagnes de presse et tout cela, pour un étranger, alors que mon père a eu beaucoup d’autres enfants ? Pourquoi les autres enfants-là n’auraient pas dit, c’est moi ? Pourquoi mes parents…et j’ai encore un frère de mon père qui est vivant ? Et vous croyez qu’il ne défendrait pas plus les membres de sa famille ? Si moi j’étais un étranger, mais attendez, c’est ridicule. Quant à ma demi-sœur, bon…

Vous avez dévoilé la mascotte de la coupe d’Afrique des Nations. Le Gabon sera-t-il prêt ?

Ali Bongo Ondimba : "Le Gabon sera prêt à accueillir l’Afrique. Et nous espérons donc pouvoir honorer cette compétition, c’est-à-dire de la même manière que nous l’avons fait en 2012. Pour nous, il faut faire mieux qu’en 2012, en termes d’organisation. Et sportivement, on espère que notre équipe nationale ira le plus loin possible.

Propos recueillis par Idriss Fall

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