Liens d'accessibilité

Somalie : le port de Merka est à nouveau sous contrôle du gouvernement et de l'Amisom


Un homme armé appartenant à une milice formée pour sécuriser Marka, le 30 avril 2014. (AFP PHOTO)

Un homme armé appartenant à une milice formée pour sécuriser Marka, le 30 avril 2014. (AFP PHOTO)

La situation est "revenue à la normale" à Merka, port somalien pris brièvement par les islamistes Shebab vendredi, où les forces de sécurité mènent des "opérations de nettoyage".

Les troupes du gouvernement somalien et de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom) ont repris samedi le contrôle du port de Merka, à environ 100 km au sud de Mogadiscio, vingt-quatre heures après l'avoir abandonné aux islamistes radicaux shebab.

Les shebab, affiliés à Al-Qaïda, s'étaient emparés vendredi de ce port d'une haute valeur stratégique et qui avait été un de leurs principaux fiefs entre 2008 et 2012, après le départ inexpliqué des troupes de l'Amisom.

"Les forces somaliennes et les soldats de maintien de la paix de l'Amisom ont repris le contrôle de Merka et maintenant la situation est revenue à la normale. Il y a eu de brefs échanges de coups de feu, mais les militants (shebab) se sont enfuis", a déclaré à l'AFP Abdirisak Mohamed, un responsable de l'armée somalienne joint par téléphone depuis Mogadiscio.

"Les forces de sécurité mènent des opérations de nettoyage dans la ville", a-t-il ajouté, précisant que "plusieurs militants (shebab) avaient été tués pendant les combats" et que l'armée somalienne avait perdu un soldat.

L'Amisom - composée d'environ 22.000 hommes, avec pour principaux contingents ceux d'Ouganda (6.000 soldats), du Burundi (5.400), d'Ethiopie (4.400) et du Kenya (3.600) - ne s'était toujours pas exprimée samedi sur les raisons qui l'avaient poussée à se retirer de la ville.

La reconquête de Merka, capitale de la région de Basse-Shabelle et ville historique fondée au 10e siècle, est symboliquement et militairement importante pour le gouvernement somalien et l'Amisom.

Symboliquement car, avant vendredi, les shebab n'avaient pas pris d'importantes localités depuis l'offensive de l'Amisom et des forces gouvernementales qui les avaient chassés de Mogadiscio en 2011.

Et militairement car avec la conquête de Merka, les shebab avaient retrouvé un accès à la mer, ce qui leur permettait, lorsqu'ils contrôlaient le sud somalien, de se livrer à de lucratifs trafics, notamment de charbon de bois.

La charia brièvement appliquée

Selon un habitant, l'Amisom a utilisé des chars pour reprendre le contrôle de la ville et des civils auraient été tués en se retrouvant piégés au milieu des combats.

"Quatre personnes ont été tuées dans notre quartier et deux blessées. Je vois que l'Amisom et les troupes somaliennes sont revenues dans notre ville et maintenant elles mènent des opérations de sécurité", a déclaré à l'AFP un habitant, Muhidin Osman.

"Les combattants shebab se sont retirés de la ville après avoir opposé une légère résistance. Les forces somaliennes et celles de l'Amisom sont de retour", a confirmé un autre habitant, Shamso Moalim.

"Il y a des victimes civiles, mais je n'en connais pas le nombre", a-t-il dit.

Sitôt leur arrivée dans la ville, les shebab avaient commencé à y faire appliquer la charia (loi islamique).

"L'administration islamique a officiellement commencé à fonctionner à Merka et la guerre des clans est terminée. Il n'y en pas un supérieur aux autres, les gens sont égaux devant la loi divine", avait déclaré vendredi un de leurs dirigeants, Cheikh Mohamed Abou-Abdallah, selon des propos rapportés samedi sur un site internet shebab.

Merka était sous contrôle des forces gouvernementales et de l'Amisom depuis août 2012 où ils en avaient délogé les shebab au terme de combats acharnés.

Confrontés à la puissance de feu supérieure de l'Amisom, les shebab ont été chassés de Mogadiscio en août 2011 et ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions, refusant le plus souvent le combat conventionnel au profit d'opérations de guérilla et d'attentats suicides.

Mais ils contrôlent toujours de nombreuses zones rurales et restent une menace pour la sécurité en Somalie et dans les pays voisins, notamment au Kenya où ils ont mené de nombreuses attaques - certaines spectaculaires - faisant au total plus de 400 morts depuis 2013.

AFP

XS
SM
MD
LG