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Solution provisoire à la crise des aides sociales en Afrique du Sud


Le président sud-africain Jacob Zuma, à gauche, passe en revue la garde d'honneur au Parlement à Cape Town, en Afrique du Sud, 9 février 2017.

Le président sud-africain Jacob Zuma, à gauche, passe en revue la garde d'honneur au Parlement à Cape Town, en Afrique du Sud, 9 février 2017.

La plus haute instance judiciaire d'Afrique du Sud a mis vendredi un terme provisoire à la controverse autour du versement des aides sociales de 17 millions de personnes, qui nourrit depuis des semaines le procès en incompétence du gouvernement.

Dans un arrêt très attendu, la Cour constitutionnelle a prolongé d'un an le contrat entre l'agence de l'Etat en charge de la sécurité sociale (Sassa) et la société privée Cash Paymaster Services (CPS) à qui elle sous-traite le paiement des aides.

Cet accord devait initialement prendre fin le 31 mars prochain en vertu d'une décision rendue en 2014 par la même Cour constitutionnelle.

Sa prolongation par la même instance assure le versement - menacé d'interruption - des aides sociales au-delà du 1er avril.

L'Etat sud-africain verse chaque année 140 milliards de rands (environ 9,9 milliards d'euros) d'allocations pour les retraités, les chômeurs ou encore les handicapés.

"La déclaration d'invalidité du contrat est suspendu de douze mois à compter du 1er avril 2017", a déclaré le juge Johan Froneman en lisant l'arrêt de la Cour, précisant que le versement des aides sociales était une "obligation constitutionnelle".

La ministre du Développement social Bathabile Dlamini, proche du président sud-africain Jacob Zuma, se trouve depuis plusieurs semaines sous le feu nourri des critiques pour n'avoir pas anticipé la fin du contrat et trouvé une solution alternative.

Mercredi, le président de la Cour constitutionnelle, Mogoeng Mogoeng, a sévèrement étrillé la ministre.

"Je veux sincèrement comprendre comment on peut en arriver à ce niveau (...) de ce qui peut être caractérisé comme de l'incompétence absolue", s'est exclamé le magistrat lors d'une audience mercredi.

L'opposition est elle aussi tombée à bras raccourcis sur Mme Dlamini et le chef de l'Etat en dénonçant, selon les mots du chef de l"Alliance démocratique (DA) Mmusi Maimane, "la corruption et l'incompétence" du gouvernement.

Pris à partie jeudi lors de la séance des questions au Parlement, Jacob Zuma a catégoriquement exclu de limoger Mme Dlamini et affirmé qu'il n'y avait "pas de crise" au sein de son ministère.

Le paiement des allocations sociales est un facteur de la popularité toujours très forte du Congrès national africain (ANC), qui dirige le pays depuis la chute officielle de l'apartheid en 1994.

Avec AFP

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