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Le FMI exhorte les Etats-Unis à lutter contre la pauvreté


La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, à Washington, le 22 juin 2016.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, à Washington, le 22 juin 2016.

Le Fonds monétaire international (FMI) a pressé les Etats-Unis de lutter "de façon urgente" contre la pauvreté et les inégalités qui pèsent sur l'avenir du bien-être économique du pays, dont l'économie est pour l'instant "en bonne forme".

Selon l'examen annuel de la première économie mondiale publié mercredi, le FMI a révisé en baisse à 2,2% la prévision de croissance du Produit intérieur brut (PIB) américain cette année, soit une réduction de 0,2 point de pourcentage par rapport à la prévision d'avril.

"L'économie des Etats-Unis est dans l'ensemble en bonne forme", a affirmé la directrice générale de l'institution, Christine Lagarde, lors d'une conférence de presse, mentionnant néanmoins des défis importants à long terme.

Elles les a rassemblés sous le sigle "des quatre P", qui se rapportent à la chute de "la participation à l'emploi", au ralentissement de la croissance de la "productivité", à la "polarisation" grandissante des revenus et à la "pauvreté".

"Si on ne s'occupe pas de ces quatre facteurs, participation, productivité, polarisation et pauvreté, ils vont corroder les bases de la croissance et freiner les gains de niveau de vie aux Etats-Unis", a-t-elle averti.

Ces facteurs s'ajoutent "à des tendances pernicieuses à long terme qui ont affecté les revenus", a relevé l'institution.

Elle souligne notamment que la part des revenus fournie par le travail s'est réduite de 5% depuis 15 ans dans le pays et que la taille de la classe moyenne n'a jamais été aussi faible en 30 ans.

"La distribution de la richesse et des revenus est de plus en plus polarisée et la pauvreté a augmenté", résume le FMI, affirmant qu'il y a "une nécessité urgente à s'attaquer à la pauvreté".

Un Américain sur sept, soit 46,7 millions de personnes, vivent dans la pauvreté. Pourtant, 40% d'entre eux travaillent.

Le Fonds préconise des crédits d'impôts mieux ciblés et le relèvement du salaire minimum fédéral (actuellement de 7,25 dollars de l'heure).

La chute du taux de participation à l'emploi, (qui englobe les personnes qui travaillent ou cherchent activement un emploi), va se poursuivre dans les années qui viennent, notamment avec les effets de la démographie, mais peut être enrayée, selon le FMI, par des mesures en faveur de l'emploi des femmes (aide à la garde d'enfants, congés parentaux) et surtout par l'adoption d'une réforme de l'immigration sur la base des qualifications.

Les dépenses d'infrastructures doivent aussi être gonflées: "de nouveaux investissements sont requis de manière urgente (...) particulièrement en ce qui concerne les transports en surface".

"Cela aiderait à se débarrasser de la congestion et des goulets d'étranglements et doperait la productivité de l'activité privée", ajoute le Fonds.

La qualité actuelle des infrastructures américaines arrive loin derrière celles de l'Allemagne et du Japon et un peu devant celles de la Corée, selon un tableau du FMI.

Avec AFP

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