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Seize morts dans une attaque contre l'Université américaine d'Afghanistan


Un blessé dans une ambulance après l'attaque contre l'Université américaine, Kaboul, le 24 août 2016. (AP Photo/Rahmat Gul)

Un blessé dans une ambulance après l'attaque contre l'Université américaine, Kaboul, le 24 août 2016. (AP Photo/Rahmat Gul)

Sept étudiants et deux policiers ont été tués lors d'une attaque contre l'Université américaine d'Afghanistan à Kaboul qui a duré plus de dix heures dans la nuit de mercredi à jeudi, pendant lesquelles des étudiants ont lancé de poignants appels à l'aide.

Explosions et fusillade ont retenti sur le campus en début de soirée mercredi, à l'heure où de nombreux étudiants s'y trouvaient pour assister à des cours du soir, une pratique fréquente en Afghanistan où nombre d'étudiants sont également salariés.

L'assaut a pris fin à l'aube jeudi. Le ministère de l'Intérieur a annoncé qu'au moins deux policiers et sept étudiants ont été tués, et 30 autres étudiants et enseignants blessés.

L'attaque contre ce prestigieux établissement qui accueille 1.700 étudiants n'a pas été revendiquée pour l'heure. Deux de ses professeurs, un Australien et un Américain, avaient déjà été enlevés au début du mois, sans que leur rapt ne soit revendiqué non plus.

"Nous avons terminé notre opération. Deux assaillants ont été abattus", a déclaré à l'AFP jeudi Fraidoun Obaidi, chef de la police judiciaire de Kaboul.

Des centaines d'étudiants ont été évacués pendant la nuit, a ajouté le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Sediq Sediqqi.

Dès les débuts de l'attaque, nombre d'étudiants avaient émis des messages de détresse sur Twitter. Parmi eux Massoud Hossaini, photographe de l'agence de presse américaine Associated Press, qui aurait ensuite réussi à s'échapper avec d'autres étudiants.

"#AUAF attaquée. Des amis et moi nous sommes échappés, plusieurs autres amis et des enseignants sont coincés dedans", a ainsi tweeté le journaliste Ahmad Mukhtar.

"J'ai entendu des explosions, et il y a des tirs près d'ici (...) Notre classe est remplie de fumée et de poussière", a raconté un étudiant joint par téléphone par l'AFP. "Nous sommes coincés à l'intérieur et nous avons très peur".

L'armée afghane, assistée par des conseillers militaires membres de la coalition internationale dirigée par les Américains, a rapidement encerclé le campus.

Washington a condamné l'attaque "dans les termes les plus forts".

Offensive des talibans

L'université est considérée comme une cible en partie en raison de la présence d'enseignants occidentaux.

On ignore le sort des deux professeurs enlevés le 7 août par des hommes armés qui ont brisé les fenêtres de leur véhicule à proximité de l'établissement, mais les enlèvements crapuleux d'étrangers sont relativement fréquents à Kaboul.

Cet établissement d'élite, qui a ouvert ses portes en 2006, entretient des partenariats et des programmes d'échanges avec de prestigieuses universités américaines comme Georgetown, Stanford et l'Université de Californie.

Cette nouvelle attaque d'ampleur en plein Kaboul intervient alors que les rebelles talibans sont à l'offensive dans tout le pays contre le gouvernement soutenu par les Occidentaux.

Les forces afghanes soutenues par l'armée américaine tentent de repousser les insurgés islamistes qui s'approchent de Lashkar Gah, capitale de la province du Helmand.

Les combats s'intensifient dans cette zone du sud de l'Afghanistan, où un soldat américain a été tué par un engin explosif artisanal mardi.

Les déboires au Helmand, déstabilisé par une importante récolte de pavot qui finance l'insurrection, montrent avec quelle rapidité la sécurité se détériore en Afghanistan, près de quinze ans après l'intervention menée par les Américains.

Des milliers de civils ont fui les combats de ces dernières semaines dans le Helmand, entraînant une crise humanitaire.

Les talibans se rapprochent d'une autre capitale provinciale, Kunduz, noeud stratégique dans le nord du pays qu'ils avaient brièvement conquis il y a un an, leur principale victoire depuis la chute de leur régime en 2001.

Les forces de la coalition internationale assurent néanmoins que ni Kunduz, ni Lashkar Gah ne risquent de tomber aux mains des insurgés.

Avec AFP

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