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RDC : deux manifestants blessés par balle à Goma


Vue du Lac Kivu à Goma, RDC.

Vue du Lac Kivu à Goma, RDC.

Les manifestants dénonçaient, samedi, les massacres des civils dans le territoire de Beni. "La police est venue nous disperser avec des bombes lacrymogènes et a tiré à balle réelle", dénonce un organisateur.

Deux personnes ont été blessées par balle samedi à Goma au Nord-Kivu lors de la répression policière contre des manifestants dénonçant les massacres des civils dans le territoire de Beni, région de l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris auprès des organisateurs.

"Nous avons organisé une manifestation de protestation contre les tueries de Beni (...) la police est venue nous disperser avec des bombes lacrymogènes et a tiré à balle réelle ", a déclaré à l'AFP un militant de la Lutte pour le changement (Lucha), organisatrice de l'événement.

" Deux personnes ont été blessées par balle et [la police a] arrêté douze personnes ", a-t-il ajouté.

Lucha est une organisation congolaise citoyenne basée à Goma, capitale du Nord-Kivu, engagée à demander des comptes aux dirigeants. Un de ses animateurs Fred Bauma est détenu à Kinshasa depuis mars après avoir participé à une rencontre internationale sur la bonne gouvernance en Afrique.

Selon le Maire de Goma, Dieudonné Malere "les militants de la Lucha ont manifesté sans autorisation et ont été dispersés par la police, certains d'entre eux ont été arrêtés", indiquant ne pas être informé sur le nombre de blessés.

Depuis octobre 2014, près de 450 personnes, pour l'essentiel des civils ont été tuées principalement à l'arme blanche dans la ville de Beni et ses environs dans une succession de massacres imputés aux rebelles musulmans ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF).

En mai, ces massacres étaient à l'origine d'un mouvement de contestation populaire à Beni et ses environs où les habitants accusaient l'État de faillir à son devoir de protéger la population contre ces miliciens notamment.

Depuis septembre, les attaques attribuées aux ADF sont plutôt menées à l'arme automatique le long de la route nationale 4, entre Beni et la frontière avec l'Ituri, plus au nord, et sont dirigées vers des postes militaires, quand elles ne visent pas des véhicules ou des passants.

Opposés au président ougandais Yoweri Museveni, les ADF sont présents dans l'Est congolais depuis 1995, où ils sont accusés de violations graves et répétées des droits de l'Homme, et de se livrer à un juteux trafic de bois.

Le Nord-Kivu est déchiré depuis plus de vingt ans par des conflits armés alimentés par des différends ethniques et fonciers, la concurrence pour le contrôle des riches ressources minières de la région et des rivalités entre puissances régionales.

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