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Quel rapport entre Fidel Castro et l’Afrique ? (Une analyse du professeur Jean Emmanuel Pondi)

  • Eddy Isango

Le président cubain Fidel Castro reçoit le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, au palais de la Révolution à La Havane, le 16 juillet 2002.

Le président cubain Fidel Castro reçoit le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, au palais de la Révolution à La Havane, le 16 juillet 2002.

Le père de la Révolution cubaine décédé samedi à l'âge de 90 ans, avait placé l’Afrique au bord de la Troisième guerre mondiale, se souvient dans une interview avec VOA Afrique, le professeur Jean Emmanuel Pondi, ancien directeur de l'institut des relations Internationales du Cameroun.

L’Analyste évoque "des rapports de principes et idéologiques" que Fidel Castro entretenait avec certains pays et dirigeants africains.

Le leader cubain "soutenait toutes les oppositions qui étaient seules par rapport aux pays capitalistes ou les pays qu’il considérait comme bourgeois. Et par conséquent, il (Castro) n’était pas l’ami de ce camp-là", rappelle M. Pondi.

Dans son analyse, le professeur Pondi souligne que M. Castro a beaucoup investi en Afrique, surtout autour de 1974 quand le Mozambique et l’Angola ont accédé à l’indépendance.

Le leader cubain avait en effet envoyé 30.000 hommes de ses troupes dans chacun de ces pays, au cœur de l’Afrique.

"Ceci a failli embraser le continent. Au cas où la République sud-africaine (Ndlr, alliée des Occidentaux mais géographiquement très proche de l’Angola et du Mozambique) venait dans ce périmètre-là, on aurait eu certainement une troisième guerre mondiale à base idéologique", remémore le scientifique qui se félicite de ce que le dénouement n’ait pas été celui-là.

"La fermeté et l’engagement militaire et également idéologique de Fidel Castro pour l’Angola et le Mozambique étaient sans faille", avertit le professeur.

Un autre point marquant du combat de M. Castro en Afrique est, selon l’analyste, le soutien du leader cubain à la lutte anti-apartheid, contre le régime sud-africain.

La preuve en est que Nelson Mandela a, à sa sortie de prison, tenu à lui rendre hommage, tout comme à Mouammar Kadhafi en disant que "dans les heures les plus noires, les plus sombres, les plus difficiles... ce sont ces deux-là qui ont toujours étaient à ses côtés", indique M. Pondi.

Propos recueillis par John Lyndon et rendus par Eddy Isango

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