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Près de 14.000 déplacés de Boko Haram menacés de famine dans la région du Lac au Tchad


Village de Ngouboua, sur le lac Tchad, attaqué par Boko Haram, fév. 2015. (REUTERS/Madjiasra Nako)

Village de Ngouboua, sur le lac Tchad, attaqué par Boko Haram, fév. 2015. (REUTERS/Madjiasra Nako)

Une opération coup de cœur a été lancée en faveur des populations du Lac Tchad, victimes des atrocités de Boko Haram au Tchad.

Plus de 14.000 personnes vivant sur les îles du lac, déplacées par le gouvernement tchadien dans le but de les mettre en sécurité contre les attaques répétées du groupe djihadiste, sont menacées de famine.

"Non seulement les personnes mais les bétails aussi n’ont pas supporté ce déplacement. La preuve, c’est que beaucoup de cheptel ont commencé à mourir. Certains sont mêmes retournés dans les îles sans leurs propriétaires. Nous avons recommandé au gouvernement de tout faire pour ramener ces populations à leurs milieux d’origine parce que l’important, ce n’est pas de les déplacer mais d’assurer leur sécurité", explique Tchari Imahena, député de la région du lac.

Selon lui, les conséquences de ce déplacement sont telles qu’ "aujourd’hui le sac des céréales coûte plus cher au lac qu’à N’Djamena". "Par le passé, c’est le lac qui alimentait pourtant la capitale en céréales", se plaint-il.

Le député a constaté que ces déplacés, qui vivaient dans les îles depuis 20 ou 30 ans, ne sont en mesure de se livrer à aucune activité socio-économique dans les milieux où ils ont été placés par le gouvernement. Même l’éducation de leurs enfants en pâtit, selon lui.

Des appels sont lancés pour la relocalisation de ces populations qui vivent dans des conditions inhumaines.

"Plus de 14.000 personnes de différentes catégories sont obligées de vivre dans des campements, dans le froid… bientôt avec le vent, la chaleur, et dans quelques mois la pluie. Vous pouvez imaginer les conditions véritablement inhumaines dans lesquelles ils vivent", souligne Babacare Fall consultant du Fonds des Nations unis pour la population.

L’opération coup de cœur sera lancée le 28 février enfin de mobiliser des fonds pour soulager quelque peu ces déplacés.

Les artistes tchadiens de différentes disciplines sont associés à l’opération.

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