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Pour sa pub, le géant chinois des télécoms Huawei opte pour une sulfureuse ex-sprinteuse


Une enseigne du géant chinois des telecoms.

Une enseigne du géant chinois des telecoms.

La publicité diffusée sur internet présente un dessin de l'athlète Florence Griffith-Joyner, franchissant les bras levés la ligne d'arrivée d'un sprint, sous le slogan "Percée stratégique", écrit en anglais.

Le géant chinois des télécoms Huawei a défendu mardi l'une de ses publicités mettant en scène l'ex-sprinteuse controversée Florence Griffith-Joyner, soupçonnée de dopage après avoir établi dans les années 80 les déconcertants records du monde du 100 et du 200 m.

La publicité diffusée sur internet présente un dessin de l'athlète franchissant les bras levés la ligne d'arrivée d'un sprint, sous le slogan "Percée stratégique", écrit en anglais.

Surnommée "Flo-Jo" dans les milieux de l'athlétisme, Griffith-Joyner, connue pour ses tenues flamboyantes, ses longs ongles colorés et son charisme, est la détentrice des records du monde du 100 m (10 sec 49) et du 200 m (21 sec 34), des temps établis en 1988.

Aucune femme n'a couru plus vite depuis.

Elle avait arrêté sa carrière en 1989, avant de décéder subitement en 1998 d'une crise d'épilepsie, à l'âge de 38 ans.

L'ex-sprinteuse n'a jamais été contrôlée positive, mais sa progression foudroyante, ses fantastiques records et sa mort prématurée alimentent depuis près de 30 ans les accusations de dopage.

Comme Flo-Jo, assure la publicité, "les gens de Huawei ont persévéré durant des décennies dans leur dur travail, poursuivant sans relâche les percées technologiques qui vont marquer l'entrée dans notre future société de l'information".

Pour certains analystes, l'utilisation de l'image de l'athlète malgré son caractère sulfureux semble montrer que lorsqu'il s'agit de business, la fin justifie les moyens.

"En Chine, une victoire peut l'être à n'importe quel prix", a déclaré à l'AFP Andrew Collins, le PDG de Mailman, une société de gestion de marques basée à Shanghai.

Roland Sladek, porte-parole de Huawei, a lui défendu la publicité mardi, déclarant que la "rumeur avait court il y a des années et des années".

"La controverse est ancienne, et il n'y a jamais eu de preuve, à ma connaissance". "Les rumeurs frappent toutes les personnes qui réussissent", a-t-il renchéri.

Huawei, fondé en 1987 par l'ancien ingénieur de l'armée chinoise Ren Zhengfei, est devenu le numéro deux mondial des équipements en télécommunications, derrière Ericsson.

Le groupe a connu une croissance fulgurante, notamment dans le secteur des smartphones, et est désormais présent dans 170 pays.

Une progression qui s'est parfois accompagnée de controverses sur ses liens présumés avec les autorités chinoises, sur fond de crainte que ses équipements soient utilisés à des fins d'espionnage, ce que Huawei a toujours démenti vigoureusement.

Avec AFP

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