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11 Septembre : la loi américaine pourrait avoir de "graves conséquences"


Le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew

Le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew

La loi américaine permettant aux proches de victimes des attentats du 11 septembre de poursuivre en justice l'Arabie saoudite pourrait avoir de "graves conséquences" sur les intérêts communs de Washington et des pays du Golfe, a averti jeudi le secrétaire américain au Trésor.

Jacob Lew s'exprimait à Ryad à l'ouverture d'une réunion des ministres des Finances des six pétromonarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

La loi Jasta (Justice Against Sponsors of Terrorism Act) a été adoptée fin septembre par le Congrès américain qui a passé outre le veto du président Barack Obama.

Le texte permet aux survivants et aux proches de victimes du "terrorisme" de poursuivre en justice des gouvernements étrangers.

La Jasta conduirait à de "grands changements dans le droit international en matière d'immunité souveraine et, si elle est appliquée au niveau mondial, elle pourrait avoir de graves conséquences pour nos intérêts communs", a admis le secrétaire américain au Trésor devant les ministres du CCG.

Il a rappelé que l'administration Obama était déterminée à demander des comptes à ceux qui commettent des "actes horribles", mais "il y a des façons de faire cela, sans porter atteinte à d'importants principes juridiques internationaux".

La loi ulcère aussi nombre d'alliés de Washington, inquiets de la remise en cause d'un sacro-saint principe en droit international: l'immunité souveraine des Etats.

L'Arabie saoudite, fidèle allié des Etats-Unis, a toujours nié la moindre implication dans les attentats du 11 septembre 2001 -- 15 des 19 auteurs étaient Saoudiens -- et elle a été lavée de tout soupçon par une commission d'enquête américaine en 2004.

Le secrétaire américain au Trésor a été reçu par le roi Salmane pour un entretien sur la coopération économique et financière entre le CCG et les Etats-Unis, selon l'agence officielle saoudienne SPA.

L'effondrement des cours du brut a obligé les monarchies du Golfe à adopter des mesures d'austérité.

Lors de sa visite en avril en Arabie saoudite, le président Obama avait annoncé un dialogue économique de haut niveau, axé sur l'adaptation à un bas prix du pétrole.

"Nous considérons la réunion d'aujourd'hui comme l'amorce informelle de ce dialogue", a dit M. Lew.

- Lagarde: poursuivre les réformes -

Le secrétaire au Trésor s'est également entretenu avec le puissant vice-prince héritier, Mohammed ben Salmane, fils du souverain saoudien, à l'origine du programme de réformes Vision 2030.

Il devait aussi évoquer la lutte contre le financement du terrorisme avec le prince héritier, Mohammed ben Nayef, ministre de l'Intérieur, dont l'expérience dans la lutte antiterroriste est appréciée à Washington.

Mercredi, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a appelé les monarchies du Golfe à poursuivre les réformes engagées en réponse à la baisse des prix du pétrole.

"L'ajustement budgétaire continu sera nécessaire à moyen terme", a-t-elle dit lors d'une rencontre à Ryad avec les ministres des Finances du CCG, soulignant que "les politiques de soutien à la croissance et à l'emploi devront se poursuivre aussi".

Elle a indiqué à la presse que le taux de croissance économique dans la région du CCG, qui était de 3,4% l'an dernier, devrait baisser à 1,7% en 2016 avant de remonter à 2,3% en 2017.

La modeste reprise des prix du brut est loin de combler les déficits budgétaires de ces monarchies, a estimé la semaine dernière le directeur du FMI pour le Moyen-Orient, Masood Ahmed.

Avec AFP

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