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Un petit coin de Sénégal au marché Lima à Milan

  • Nicolas Pinault

Un vendeur sénégalais installe sa marchandise au marché de Lima, Milan, 10 octobre 2015 (Nicolas Pinault/VOA)

Un vendeur sénégalais installe sa marchandise au marché de Lima, Milan, 10 octobre 2015 (Nicolas Pinault/VOA)

Non loin de la gare centrale de cette ville italienne, les Sénégalais se réunissent sur ce marché un fois par semaine. Reportage de l’envoyé spécial de VOA Afrique Nicolas Pinault.

Tous les samedis, le scenario se répète entre la via Marcello Benedetto et la via Scarlatti.

Incontournables, les vendeurs à la sauvette font partie du décor. Maroquinerie, chaussures ou cigarettes de contrebande, on trouve de tout à Lima.

Surtout des sacs à main comme ceux proposés par Saliou Gaye. Il les vend 20 euros pièce. Ce Sénégalais de Kaolack est aux aguets lorsqu'il répond aux questions de VOA Afrique. La police rode et pourrait saisir la marchandise.

Saliou Gaye, vendeur de sacs a main dans les rues de Milan, 10 octobre 2015 (Nicolas Pinault/VOA)

Saliou Gaye, vendeur de sacs a main dans les rues de Milan, 10 octobre 2015 (Nicolas Pinault/VOA)

"Je suis arrivé en Italie en août 2009 et n'ai pas pu bénéficier de la régularisation massive à l'époque. Sans permis de travail, la seule activité est de vendre ces sacs à main", explique-t-il.

Sa femme restée au pays, Saliou tente chaque mois d'envoyer de l'argent à sa famille malgré ses maigres ressources.

Fataliste, ce grand costaud reconnait qu'il ne voulait rester que quelques années en Italie avant de retourner au Sénégal. Mais "je ne peux pas rentrer dans ces conditions", soupire-t-il.

Bocar Soumaré acquiesce. Cet homme du Fouta a débarqué en Italie il y a treize ans. Il grimace en évoquant le cache-cache quotidien avec les policiers ou les douaniers de Milan. "Ils nous interdisent de faire cette activité mais on n'a pas a le choix". Ce jour-la, il distribue des tracts pour un operateur téléphonique, sans risque.

Du bissap vendu au marché de Lima, Milan, 10 octobre 2015 (Nicolas Pinault/VOA).

Du bissap vendu au marché de Lima, Milan, 10 octobre 2015 (Nicolas Pinault/VOA).

​Nam N'diaye elle n'a pas ses soucis. Retraitée, elle vit en Italie depuis 25 ans et partage sa vie entre l'Europe et Dakar. Assise près d'un arbre, elle vend pour un euro le verre de café Touba comme dans n'importe quelle rue de la capitale sénégalaise. Sans oublier le bissap, boisson sucrée très prisée par la communauté.

Non loin de là, on s’affaire à l’arrière d’une Peugeot 206. Dans le coffre, Maty opère un trafic culinaire bien savoureux : yassa, thiep ou mafé, on fait la queue pour déguster ces portions culinaires. Aller-retour gustatif pour Dakar garanti !

Si certains viennent ici faire des affaires, d'autres viennent juste profiter de Lima pour se rappeler du pays et discuter avec les amis. Charly Diop, cure-dent à la bouche, travaille pour le géant agro-alimentaire italien Galbani. "C'est normal quand on vit à l'étranger, on est content de retrouver ses compatriotes et l'ambiance du Sénégal", décrit-il à VOA Afrique.

Plusieurs dizaines milliers de Sénégalais vivent dans la région de Milan et ses alentours. Avec ou sans papiers mais avec le même mal du pays et l'envie de garder contact avec ses racines.

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