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L'UEFA passe à l'après Platini


Michel Platini, vendredi 28 août 2015 à Monaco. (AP Photo/Claude Paris)

Michel Platini, vendredi 28 août 2015 à Monaco. (AP Photo/Claude Paris)

L'UEFA tourne définitivement la page Platini mercredi lors de son congrès à Athènes: le président déchu fera son discours d'adieux avant l'élection de son successeur, qui sera soit le Néerlandais Michael van Praag soit le Slovène Aleksander Ceferin.

Ce congrès s'ouvre sur fond de grogne après la réforme de la Ligue des champions, qui fera la part belle aux clubs des quatre plus gros pays (Espagne, Angleterre, Allemagne et Italie) à partir de 2018. Là encore, c'est l'ère Platini qui se referme puisque le Français s'était érigé depuis 2007 en défenseur des petits clubs et des petites nations.

La présence de Platini à Athènes pour ses adieux devant ceux qui l'avaient élu à trois reprises (2007, 2011, 2015) a été autorisée par la justice interne de la Fifa. Elle n'y voit pas d'infraction à sa suspension de quatre ans de toute activité liée au football.

Mais cela ne fait pas l'unanimité. "Le congrès de l'UEFA doit être marqué par le programme de son nouveau président et non par les erreurs de son prédécesseur", a grincé lundi le président de la Fédération allemande de football (DFB), Reinhard Grindel.

Le Français a été sanctionné dans l'affaire du paiement controversé de 1,8 M EUR de la part de Joseph Blatter, ex-président de la Fifa, sur la base d'un contrat oral. Le triple Ballon d'Or avait démissionné de la présidence de l'UEFA le 9 mai après avoir épuisé tous les recours, qui ont abouti à une réduction de sa peine de 8 à 4 ans.

-Deux hommes pour un mandat-

Après le retrait de l'Espagnol Angel Maria Villar, il n'y a plus que deux candidats à briguer la succession de Platini: Michael van Praag, 68 ans, président de la Fédération néerlandaise, et son homologue de la Fédération slovène Aleksander Ceferin, 48 ans, donné favori par plusieurs médias européens.

Pour ceux qui suivent un peu les instances du foot, Van Praag est connu. L'homme aux allures de notable (bajoues, crâne chauve, petites lunettes) fut un des premiers à dénoncer publiquement la gestion de la Fifa par Joseph Blatter. Il fut même un éphémère candidat à l'élection de l'instance suprême en 2015 avant de se retirer. L'ancien président de l'Ajax Amsterdam a pour lui charisme et autorité naturelle. Mais il incarne l'ancien régime, puisqu'il est membre du comité exécutif de l'UEFA, soit le gouvernement du foot européen, depuis 2009.

Ceferin n'était pas connu jusqu'ici. Visage émacié, regard azur, cheveux ras, il veut incarner la voix des petites nations. L'atout de cet avocat est d'apparaître comme le candidat du renouveau. Problème: la presse nordique affirme qu'il est le sous-marin de Gianni Infantino, actuel président de la Fifa. Ce que le Slovène réfute.

Le principe de l'élection est simple: chacune des 55 fédérations composant l'UEFA dispose d'une voix, Andorre pesant autant que l'Angleterre. Le président sera élu pour 2 ans et demi (et non 4 comme d'ordinaire) car c'est le temps de présidence qu'il restait à Platini. Le président de l'UEFA devient de facto un des vice-présidents de la Fifa.

-Une réforme qui passe mal-

Le 26 août, l'UEFA a annoncé une refonte de la Ligue des champions qui a fait du bruit. Pour la période 2018-21, quatre places en poules seront assurées à l'Espagne, l'Angleterre, l'Allemagne et l'Italie, pays récompensés par les bons résultats de leurs clubs dans cette prestigieuse épreuve par le passé (ils occupent la tête de l'indice UEFA).

L'UEFA, gérée depuis la suspension de Platini par son secrétaire général par intérim Théodore Theodoridis, a ainsi voulu contrer la tentation de certains grands clubs de créer à eux seuls une SuperLigue complétement fermée.

Mais en dehors des quatre pays bénéficiaires, la grogne monte. L'Association européenne des ligues de football professionnel (EPFL) considère "inacceptable" cette "décision qui va creuser de façon exponentielle le gouffre sportif et financier entre les plus grands clubs en Europe et les autres". L'EPFL a même menacé de programmer des matches en même temps que celles des compétitions de l'UEFA et veut interpeller le nouveau président de l'UEFA sur cette réforme.

"Si je suis élu, je ne pourrai pas la changer", a déjà prévenu Ceferin dans L'Equipe. Le nouveau patron du foot européen sait déjà qu'un dossier brûlant l'attend sur son bureau.

Avec AFP

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