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Mexico reçoit le secrétaire d'Etat américain pour faire baisser la tension

  • VOA Afrique

Rex Tillerson, Bonn, Allemagne, le 16 février 2017.

Le Mexique reçoit jeudi le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson et le secrétaire à la Sécurité intérieure John Kelly, afin de faire baisser la tension diplomatique et promouvoir une relation "respectueuse" et "constructive" entre les deux pays.

Les ministres du président américain Donald Trump se réuniront avec le président mexicain Enrique Peña Nieto, et ses ministres des Affaires étrangères, de l'Intérieur, des Finances, de la Défense et de la Marine, a indiqué mardi le département d'Etat.

Les principaux thèmes au programme, selon Washington, seront la sécurité à la frontière, la coopération policière et le commerce. L'objectif, pour les autorités mexicaines, est de travailler "en faveur d'une relation respectueuse, proche et constructive".

Depuis l'arrivée de M. Trump à la Maison Blanche, il y un mois, les deux voisins traversent la pire crise diplomatique depuis des décennies.

Durant la campagne, le candidat républicain avait fait monter la pression par sa rhétorique anti-migrants et ses propos sur des Mexicains assimilés à des "bad hombres", délinquants et violeurs.

Une fois au pouvoir, le magnat de l'immobilier a lancé son projet de construction d'un mur frontalier et promis de la faire financer par son voisin du sud, au besoin en ponctionnant les envois d'argent de Mexicains vers leur pays. Devant son insistance à faire payer le Mexique, le président Peña Nieto a annulé son voyage à Washington prévu le 31 janvier.

M. Trump a également menacé d'imposer des taxes d'importations aux produits mexicains et de renégocier, voire d'abroger l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) trop favorable selon lui aux intérêts mexicains.

Le président américain a aussi promis des expulsions massives de sans-papiers et au cours des dernières semaines, de nombreuses arrestations de migrants ont eut lieu.

Le ministre des Affaires étrangères mexicain, Luis Videgaray, a indiqué que les deux pays travaillaient à améliorer les relations depuis la rencontre avec son homologue à Washington quinze jours plus tôt. Lors du récent G20 à Bonn, M. Videgaray a de nouveau pu rencontrer le discret secrétaire d'Etat américain.

"Le Mexique est un pays qui veut construire des ponts, et ne veut pas construire de murs", a affirmé M. Videgaray en Allemagne.

"Nous avons des différences publiques notoires, que nous n'avons pas encore résolues, il y a des aspects sur lesquels naturellement le Mexique n'est pas prêt à reculer d'un seul millimètre, mais sur d'autres points nous sommes ouverts au dialogue", a-t-il assuré.

Négociations complexes

M. Videgaray a prévenu que la réunion de jeudi ne serait qu'une de plus d'une longue liste à venir.

Visant à dissuader Washington d'imposer des conditions qui touchent à la souveraineté nationale, le Sénat mexicain va élaborer un décret qui définira les limites des termes de la négociation, des migrations aux droits de l'Homme, en passant par le commerce, l'économie, la sécurité à la frontière et la construction du mur.

Il faut "négocier avec fermeté, avec intelligence, en préservant notre souveraineté et avec la dignité demandée par tous les Mexicains", selon le président de la coordination politique du Sénat, Fernando Herrera, en référence aux récentes manifestations pour exiger une attitude plus ferme du gouvernement Peña Nieto à l'égard de M. Trump.

Selon une étude de BBVA Research, "l'incertitude devant les politiques économiques de la nouvelle administration américaine" en particulier face à l'Aléna affecte déjà la confiance des entreprises au Mexique et devrait faire chuter l'investissement.

Premier partenaire commercial du Mexique, les Etats-Unis absorbent environ 80% des exportations mexicaines.

La banque espagnole prévoit ainsi une croissance de l'économie mexicaine de 1% en 2017, face aux 2% enregistrés en 2016.

Dans un tel contexte, le ministre mexicain de l'Economie, Ildefonso Guajardo, a laissé entendre que si Washington veut imposer des conditions commerciales inacceptables, le Mexique pourrait cesser sa coopération sur les terrains de l'immigration et du narcotrafic.

"Si à un moment la relation est malmenée, les motivations pour que le peuple mexicain poursuive sa collaboration sur ses questions au coeur de la sécurité diminueront", a-t-il déclaré samedi au quotidien canadien The Globe and Mail.

Selon les experts, l'insécurité à la frontière liée au trafic de drogue et l'entrée de sans-papiers aux Etats-Unis se sont considérablement réduites au cours des dernières années grâce à la coopération des autorités mexicaines.

Avec AFP

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