Liens d'accessibilité

Marche au Zimbabwe contre le Conseil national de lutte contre le sida


Un sidéen au Zimbabwé, pays où l'incidence de VIH/sida reste très élevée

Un sidéen au Zimbabwé, pays où l'incidence de VIH/sida reste très élevée

Les militants pour la cause des personnes vivant avec le VIH/sida ont marché mercredi à Harare, pour exiger des précisions sur l’utilisation des millions de dollars prélevés par le gouvernement et destinés à la lutte contre la pandémie.

Ils étaient des centaines d’activistes à défier les ordres de la police pour manifester contre le Conseil national zimbabwéen de lutte contre le sida. Tous portaient des T-shirts sur lesquels était écrit « VIH Positif ». Parmi eux, Douglas Muzanenhamo, un séropositif de 40 ans, qui dit avoir pris part à la marche pour dénoncer le manque d’antirétroviraux au Zimbabwe.

« Nous disons au gouvernement de nous fournir des ARV depuis un bon bout de temps. Ils ne nous ont pas donné notre dose mensuelle » a expliqué M. Muzanenhamo. « Nous avons donc décidé de sortir pour leur dire que nous avons besoin de nos médicaments », a-t-il ajouté. Ils vont dire à la presse que les ARV sont disponibles, mais lorsque vous vous rendez dans les pharmacies et les cliniques, il n’y en a pas, a souligné l’activiste zimbabwéen.

Le Zimbabwe est l’un des pays les plus affectés par le VIH, même si le taux de séroprévalence y a diminué ces dernières années. En 1999, il a été le premier en Afrique à instituer une taxe visant à mobiliser des fonds pour le traitement des séropositifs et sidéens, et la prévention du VIH. Toutefois, les patients disent que rien ne leur est parvenu jusqu’ici.

Spiwe Chabikwa a voyagé de la ville de Bulawayo pour la manifestation en sachant qu’elle risquait d’être arrêtée et brutalisée par la police.

« C’est notre droit de manifester, cette manifestation n’est pas contre le gouvernement, mais contre la corruption », a-t-elle dit. « Même certains membres de la police sont séropositifs ; nous manifestons donc pour toute la nation », a souligné Mme Chabikwa en faisant remarquer que tout le monde paie la taxe contre le VIH, que l’on soit séropositif ou pas.

Les policiers se sont tenus à distance, laissant les activistes marcher pour aller déposer une pétition au Conseil national de lutte contre le sida. Le directeur du Conseil, Tapiwa Magure, a assuré que les fonds recueillis à travers la taxe contre le sida ne sont pas gaspillés.

« Nous sommes à jour pour ce qui est de nos audits. Des contrôles stricts sont en place », a-t-il déclaré, assurant que son organisme est prêt à fournir toutes les explications nécessaires.

L’ONG locale des Avocats zimbabwéens pour les droits de l’Homme a adressé une pétition au Conseil pour demander la publication des comptes liés à la taxe contre le VIH-sida. Les activistes, eux, sont beaucoup plus préoccupés par l’accès aux antirétroviraux.
XS
SM
MD
LG