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Les autorités de la RDC doivent garantir le droit de manifester, selon une ONG


Des policiers en faction devant le Palais du Peuple, siège du Parlement de la RDC, à Kinshasa, lundi le 5 décembre 2011.

Des policiers en faction devant le Palais du Peuple, siège du Parlement de la RDC, à Kinshasa, lundi le 5 décembre 2011.

L'Action congolaise pour l'accès à la justice rappelle aux autorités que les libertés d'association, de réunion pacifique et de manifestation sont des droits fondamentaux garantis.

Mercredi, le le procureur dénéral de la République, Kabange Numbi, a proféré des menaces contre toute personne qui appellerait à manifester. Le gouverneur de la ville de Kinshasa et le porte-parole du gouvernement ont aussi lancé les mêmes meances.

"L'exercice de ces libertés dans les conditions prévues par les lois ne peut en aucun cas constituer une infraction", ajoute-t-elle.

Mercredi, le procureur général de la République à Kinshasa, Flory Kabange Numbi, a averti tous ceux qui "appellent la population à descendre dans la rue" en invoquant l'article 64 de la Constitution qu'ils étaient "passibles des peines prévues par la loi".

Cet article dispose que "tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l'exerce en violation des dispositions" de la loi fondamentale.

Pour l'ACAJ, les propos de M. Kabange Numbi sont "une tentative de restriction ou d'obstruction à l'exercice d'un droit fondamental".

Hormis le procureur général de la République Kabange Numbi, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, et le gouverneur de la ville de Kinshasa ont réitéré les mêmes menaces contre ceux qui appellent à des manifestations de rue.

La RDC vit depuis plusieurs mois dans un climat de tensions politiques à l'approche de la présidentielle censée avoir lieu fin 2016 et à laquelle la Constitution interdit au président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se présenter.

Depuis l'invalidation du calendrier électoral en septembre par la Cour constitutionnelle, aucune date n'a été arrêtée pour la tenue de cette élection.

Samedi, M. Kabila a annoncé son intention de réunir un "dialogue national", à une date encore indéterminée, pour parvenir à un consensus le plus large possible afin de mener le pays vers des "élections apaisées".

Une large coalition d'opposition a décidé de boycotter ce forum le qualifiant de "piège" tendu par le pouvoir pour permettre à M. Kabila de prolonger son bail à la tête de l'État au-delà de la fin de son mandat (décembre 2016). Elle a brandi l'article 64 de la Constitution pour appeler le peuple à faire échec à toute manoeuvre anticonstitutionnelle.

Fin novembre, dans message consacré au processus électoral, l'Église catholique, très critique du pouvoir de M. Kabila, avait appelé le peuple congolais à "faire preuve de vigilance dans l'esprit de l'article 64" en insistant sur la nécessité que le "dialogue national" se fasse "dans le respect du cadre constitutionnel" en vigueur.

Avec AFP

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