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Le gouvernement veut être consulté avant la relance du dialogue interburundais


Quelques commerçants bravent la peur sur l’artère principale qui sépare les quartiers Cibitoke et Mutakura de la zone de Cibitoke à Bujumbura. Le Burundi est plongé dans une grave crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé sa candidature en avril 2015 à un troisième mandat.

Quelques commerçants bravent la peur sur l’artère principale qui sépare les quartiers Cibitoke et Mutakura de la zone de Cibitoke à Bujumbura. Le Burundi est plongé dans une grave crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé sa candidature en avril 2015 à un troisième mandat.

Le gouvernement du Burundi ne participera au dialogue de sortie de crise que s'il y est officiellement invité et qu'il est consulté, notamment, sur les participants, a-t-il affirmé après l'annonce par les médiateurs internationaux d'une reprise des discussions à partir à Arusha .

Bientôt la fin de la crise interburundaise ? La facilitation tanzanienne compte démarrer du deux au six mais un dialogue inclusif entre les protagonistes dans la ville d’Arusha, une ville qui a abrité, il y a presque 16 ans, les négociations de paix qui ont mis fin à plusieurs années de guerre civile, entre 1993 et 2003, et ayant fait 300 000 morts.

Bien de Burundais et d’étrangers s’interrogent sur l’issue de ces futures négociations, d’autant plus que le gouvernement campe sur ses positions : il ne veut pas s’asseoir avec ce qu’il qualifie de terroristes.

Mais l’opposition confirme que la seule issue a la crise qui vient d’emporter en une année plus de cinq cents vies humaines et pousser plus de 270.000 Burundais à l’exil reste le dialogue.

"Le gouvernement burundais doit être consulté (car) nous devons convenir des personnes qui devraient être invitées, des dates et du lieu", a déclaré Willy Nyamitwe, porte-parole de la présidence, dans une déclaration sur la radio nationale (officielle), captée mercredi.

Le gouvernement a reçu l'invitation aujourd'hui (mercredi) et l'analyse", a un peu plus tard reconnu M. Nyamitwe auprès de l'AFP. "Il pourra y répondre à tout moment par les canaux autorisés", a-t-il précisé sans autre commentaire.

Bujumbura attend en outre "une invitation officielle", sans quoi "le gouvernement du Burundi considère nécessairement que ce qui se dit est une machination ou une rumeur", selon le porte-parole.

L'ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, nouveau co-médiateur dans la crise burundaise, avait annoncé dans un tweet samedi la reprise du dialogue interburundais du 2 au 6 mai à Arusha, assurant que "toutes les parties prenantes devraient être présentes à cette session inaugurale".

Malgré les pressions et sanctions de la communauté internationale, le gouvernement refuse jusqu'à présent de s'assoir à la même table que le Cnared, une plate-forme qui regroupe la quasi-totalité de l'opposition burundaise, en exil ou restée au pays.

A la radio, M. Nyamitwe a martelé : "Ceux qui ont attenté à la vie des citoyens, qui ont voulu renverser des institutions démocratiquement élues et d'autres qui ont versé dans l'insurrection armée dans notre pays ne peuvent pas être conviés à ce dialogue".

L'échec d'un coup d'Etat en mai, l'étouffement de six semaines de manifestations quasi-quotidiennes et la réélection controversée de M. Nkurunziza en juillet 2015 n'ont pas empêché l'intensification des violences, désormais armées, et qui ont déjà fait plus de 500 morts et poussé plus 270.000 personnes à l'exil.

La crise au Burundi s’aggrave de plus en plus ces derniers temps avec l’assassinat, en moins de 24 heures, de trois militaires hauts gradés. L’Union Européenne demande d'urgence la reprise d’un dialogue inclusif avec toutes les parties concernées par la crise burundaise, qui a fait, selon la FIDH ( Fédération Internationale des droits de l’Homme), plus de 700 morts et plus de 4300 prisonniers sans oublier les centaines de millions de refugiés éparpillés dans le continent.

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