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La Finlande développe une caméra pour détecter les cancers de la peau


On recense plus de 2 millions de cancers de la peau chaque année, selon l'Organisation mondiale de la santé (Photo C. Hilleary)

On recense plus de 2 millions de cancers de la peau chaque année, selon l'Organisation mondiale de la santé (Photo C. Hilleary)

Des scientifiques finlandais ont développé un appareil qui aide à détecter un cancer de la peau avant même que les cellules endommagées deviennent visibles à l'œil nu.

Ces médecins de l'Hôpital universitaire central d'Helsinki ont mis à l’essai une nouvelle caméra hyperspectrale, tenue à la main, qui est capable de détecter les stades précoces du cancer de la peau – ce dont la technologie traditionnelle est incapable.

Cette caméra légère peut prendre en quelques secondes seulement des images spectrales agrandies des zones testées, en soulignant les différences entre la peau saine et les cellules potentiellement cancéreuses.

Il faut dire, explique le Dr Noora Neittaanmaki-Perttu, que les lésions cancéreuses sont souvent entourées par des zones problématiques à des stades précurseurs, invisibles à l’œil nu.

« Autour de ces lésions, il peut y avoir d’autres lésions telles que les lésions subcliniques et c'est notre but, avec l'imagerie hyperspectrale. Nous voulons voir toutes les lésions subcliniques, avant le traitement. Et après le traitement, nous recommençons pour voir s’il reste des lésions ».

La caméra produit une image en 3 dimensions, qui montre toutes les couches de la peau et les différents types de tissus. Ces images sont ensuite traitées sur un ordinateur qui identifie la position exacte et la taille de la tumeur.

L'appareil a été développé par le centre de recherche technique de Finlande (VTT) et des essais cliniques ont été menés dans plusieurs hôpitaux du pays.

Selon les chercheurs, le nouvel appareil présente plusieurs avantages par rapport aux techniques antérieures. La caméra peut donner d'un coup l'image d'une grande zone de la peau de 12 centimètres carré, ce qui accélère les diagnostiques. Elle peut également détecter les stades précurseurs de tumeurs, sur des segments de la peau mal délimités. Ce qui permet d’éviter des excisions inutiles.

Une ombre à ce tableau : les essais cliniques vont se poursuivre, mais il faudra peut-être attendre jusqu’à 10 ans avant que l’appareil ne soit mis en vente sur le marché. Et ce alors que les taux de cancer de la peau augmentent à travers le monde, du fait du vieillissement de la population, mais également des dégâts occasionnés par les lits de bronzage artificiels.

« Il y a chaque année dans le monde quelque 132 000 cas de mélanomes malins (cancer cutané le plus mortel) et plus de deux millions de cas d’autres cancers cutanés », rappelle l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
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