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La FIDH redoute une généralisation des violences en RDC

  • VOA Afrique

Des manifestants au commissariat de police à Bukavu, dans le Sud-Kivu, RDC, 23 février 2016

La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme redoute une généralisation des violences en République Démocratique du Congo à neuf mois d'une présidentielle incertaine dans ce pays miné par la crise politique.

"La situation sécuritaire précaire qui règne en RDC pourrait très rapidement dégénérer et plonger le pays dans des violences généralisées", écrivent la FIDH et ses ONG partenaires congolaises dans un communiqué.

Le rapport de la FIDH "RDC: Faire face aux flambées de violence et aux troubles politiques afin de garantir l’alternance démocratique", analyse la situation sécuritaire et politique explosive qui règne dans le pays.

Ce communiqué a été publié deux jours avant un vote du Conseil de sécurité des Nations unies sur le renouvellement du mandat de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco). Présente depuis 1999, la Monusco a déployé près de 19.000 soldats, policiers et observateurs militaires essentiellement dans l'est et à Kinshasa.

"Le Conseil de sécurité doit renouveler le mandat de la Monusco et de sa Brigade d'intervention et lui donner les moyens de renforcer sa présence à l'est, dans le centre et dans les grands centres urbains en amont de grands rassemblements", selon les termes du communiqué.

L'Est congolais est déchiré par des conflits armés depuis plus de vingt ans, tandis que le centre du pays est le théâtre d'une rébellion qui a fait au moins 400 morts depuis septembre. Deux experts onusiens y ont disparu depuis deux semaines.

"Cette déstabilisation de plus en plus généralisée semble en partie encouragée et instrumentalisée par les autorités congolaises dans le but de repousser à nouveau l'organisation des élections et de conserver le pouvoir", ajoute le document.

Parallèlement au maintien et au renforcement de la MONUSCO, les organisations membres de la FIDH en République Démocratique du Congo demandent "des mesures de sanctions individuelles supplémentaires, dans la foulée de celles adoptées par l’Union Européenne et les États-Unis en décembre 2016 (…) pour sanctionner ceux qui s’opposent au processus politique et à la paix ainsi que les principaux responsables des récentes violations graves des droits humains."

"Nous constatons que le délégué du président Kabila au niveau de la majorité présidentielle bloque intentionnellement la mise en application de cet accord (du 31 décembre) en utilisant plusieurs subterfuges (…)" , explique sur VOA Afrique Paul Nsapu Mukulu, président de la Ligue des Electeurs et secrétaire général adjoint de la FIDH.

La RDC est minée par une crise politique née du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila au-delà du terme de son mandat qui a échu le 20 décembre 2016 dans un climat de violence.

Un accord de cogestion du pays et de sortie de crise signé le 31 décembre entre la majorité et l'opposition, sous l'égide de l'épiscopat congolais, prévoit l'organisation de la présidentielle fin 2017, un délai qui semble incertain.

Ce compromis autorise M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, à se maintenir à la tête du pays en contre-partie de la nomination d'un Premier ministre de l'opposition.

Les tractations sur les postes ministériels retardent la signature du texte d'application de cet accord.

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