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La discrimination positive, à nouveau devant la Cour suprême


Des manifestants devant la Cour suprême, qui se penche à nouveau sur la question de la discrimination positive

Des manifestants devant la Cour suprême, qui se penche à nouveau sur la question de la discrimination positive

La Cour suprême américaine se penche sur une affaire qui pourrait faire jurisprudence, et affecter les collèges et les universités utilisant la race comme un facteur pour déterminer l’admission, ou non, d’un étudiant.

La question de la discrimination positive, ou « affirmative action » est donc de retour devant les neuf sages. Cette fois-ci, Abigail Fisher, une jeune femme qui avait cherché à s’inscrire à l’université d’Etat du Texas à Austin a porté plainte, convaincue qu’elle avait été rejetée parce qu’elle est blanche, et que l’établissement suit une politique qui tient compte de la race comme facteur d’admission, afin de garantir la diversité du corps estudiantin.

La race et l’ethnicité ne devraient pas être prises en compte pour l’inscription à l’Université du Texas, estime Mme Fisher. Elle pense que d’autres élèves ont été acceptés sur la base de la préférence raciale, malgré leurs moins bons résultats scolaires. La Cour suprême doit donc décider si la discrimination positive est toujours légale. Il s’agit d’un ensemble controversé de lois et règlements initialement conçus pour s'assurer que les Américains aient des chances égales et reçoivent le même traitement, indépendamment de leur race, de couleur, origine, religion, sexe ou nationalité.

Le terme « discrimination positive» a d'abord été utilisé par le président américain John F. Kennedy en 1961, dans un décret. Au fil des ans, les mesures de discrimination positive ont été à la fois renforcées et affaiblies par des plaintes multiples devant les tribunaux.

En 1978, dans le cas « Regents of the University of California v. Bakke », la Cour suprême a affirmé la constitutionnalité de l’utilisation du critère « racial » dans la détermination des admissions universitaires. Néanmoins, elle avait interdit la mise en place de quotas rigides.

En 2003, les neuf sages ont confirmé le droit des universités d’utiliser la race comme un de leurs facteurs d'admission, la diversité raciale étant un but légitime. Reste à voir comment ils statueront sur ce nouveau cas, la décision étant attendue au premier semestre de 2013.

Pour l’enseignement supérieur, l’enjeu est gros, mais Kevin Brown, expert à l’université de l’Indiana, fait valoir que nombre d’établissements sont déjà allés de l’avant et n’accordent plus la même priorité à la race que dans le passé.
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