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L'ONU va mobiliser plusieurs millions de dollars pour les victimes du choléra en Haïti


Ban Ki-moon visite la maison d'une victime du choléra lors d'un séjour en Haïti, Hinche, 14 juillet 2014

Ban Ki-moon visite la maison d'une victime du choléra lors d'un séjour en Haïti, Hinche, 14 juillet 2014

Les Nations Unies vont mobiliser 181 millions de dollars pour améliorer d'urgence la réponse à l'épidémie de choléra en Haïti et "au moins le même montant" en faveur des victimes de la maladie et de leur familles.

"Le plus urgent est de financer la réponse au choléra" parce que les cas ont augmenté de 30% environ cette année par rapport à la même période de 2015, a expliqué dans un entretien à l'AFP David Nabarro, conseiller spécial pour le développement durable et qui négocie avec le gouvernement haïtien et les donateurs.

Il a fixé l'objectif à 181 millions de dollars sur trois ans.

L'ONU prévoit aussi un programme d'aides directes en faveur des victimes et de leurs familles, comme l'a promis son secrétaire général Ban Ki-moon.

Cette aide devrait représenter "au moins la même somme" de 181 millions de dollars, a indiqué le Dr Nabarro.

Il n'a pas précisé la manière dont ces aides seraient réparties ni le nombre de personnes qui en bénéficieraient, les discussions étant toujours en cours sur le mécanisme exact.

Ban Ki-moon doit annoncer cet ensemble de mesures à la fin octobre.

Le choléra a touché plus de 700.000 personnes depuis le déclenchement de l'épidémie en octobre 2010 et près de 10.000 en sont mortes. On recense toujours plus de 500 cas chaque semaine.

A la mi-août, l'ONU a pour la première fois reconnu son "implication dans le foyer initial" de l'épidémie. Selon des experts indépendants, la maladie a été introduite en Haïti par des Casques bleus népalais de la Mission de l'ONU sur place (Minustah).

M. Ban a reconnu que l'ONU avait une "responsabilité morale" envers les victimes et leurs proches et a annoncé une "aide matérielle" en leur faveur. Il a réaffirmé devant l'Assemblée générale des Nations unies la semaine dernière qu'il fallait "honorer nos obligations envers le peuple haïtien".

Mais l'ONU maintient qu'elle n'a pas de responsabilité juridique. Plusieurs plaintes déposées devant des tribunaux américains par les avocats des victimes ont été rejetées en raison de l'immunité accordée aux missions onusiennes.

Les nouvelles mesures s'ajouteront à un vaste plan à long terme d'amélioration des infrastructures sanitaires et de santé lancé par l'ONU avec le gouvernement haïtien et chiffré à 2,2 milliards de dollars sur 10 ans.

72% des quelque 10 millions d'Haïtiens n'ont pas de toilettes à domicile et 42% n'ont pas un accès sûr à l'eau potable.

"C'est compliqué, il faut rassembler toutes les différentes pièces", a souligné le Dr Nabarro. Les donateurs sollicités "veulent s'assurer que l'argent investi donne vraiment des résultats" et l'instabilité politique chronique en Haïti ralentit les choses.

Il a rejeté par contre les critiques selon lesquelles l'ONU a beaucoup trop tardé à faire amende honorable. "Nous avons beaucoup travaillé pour lutter contre le choléra (..) et dépensé beaucoup d'argent", a-t-il affirmé. Il a fait valoir que ces efforts avaient "fait chuter le nombre de cas et la mortalité de 90% par rapport au point culminant de l'épidémie en 2011".

Mais "il faut faire davantage" car l'épidémie a tendance à reprendre d'intensité chaque année en octobre avec l'arrivée de la saison des pluies.

Le Dr Nabarro s'est déclaré "inquiet pour les capacités de réaction rapide" à l'épidémie. Il manque en effet 12 millions de dollars pour les financer jusqu'à la fin de l'année et il faudra trouver 50 millions d'ici fin 2017. Or, "il faut traiter toute personne soupçonnée d'être atteinte de choléra dans les 24 heures" pour avoir les meilleures chances.

Il faut considérer les nouvelles mesures en préparation comme "l'expression de la volonté de l'ONU d'établir une relation plus forte avec la population d'Haïti affectée par le choléra", a-t-il affirmé.

Avec AFP

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