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L’ONU met en cause la garde présidentielle, les services de renseignement et la police dans les violences en RDC

  • Eddy Isango

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein (centre), lors de sa visite en République démocratique du Congo en juillet 2016.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein (centre), lors de sa visite en République démocratique du Congo en juillet 2016.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, met en cause les autorités congolaises lors des manifestations de lundi et mardi dont le bilan varie entre 32 morts, selon la police, et plus de 100 morts, selon l’opposition.

"Des civils ont été tués par des tirs dans la tête ou à la poitrine, et je condamne fortement la force excessive dont ont clairement fait usage les forces de défense et de sécurité à l'encontre de manifestants dans la capitale. Je suis tout particulièrement choqué par des rapports selon lesquels des hommes en uniforme ont directement pris part à certaines des attaques contre les sièges de six partis politiques d'opposition, dont celui de l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS)", indique M. Hussein dans un document publié par le Centre d’actualités de l’ONU.

"Il s'agit, sans aucun doute possible, d'une attaque contre la démocratie et les droits de l'homme les plus fondamentaux. Ce dont la RDC a besoin aujourd'hui, c'est d'un climat plus favorable à un dialogue inclusif et à des élections libres et équitables", poursuit le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

M. Hussein affirme avoir reçu des rapports indiquant que "la Garde républicaine, l'Agence nationale de renseignements (ANR) et la Police nationale congolaise (PNC) avaient mené des raids et des perquisitions dans des résidences de certains quartiers de la capitale, empêchant les civils de quitter leurs maisons pendant plusieurs heures".

Il fait part de sa préoccupation toute particulière concernant les allégations de détention arbitraire par la police non seulement à Kinshasa, mais aussi à Kisangani, Tshikapa et Goma, y compris à l'encontre de journalistes qui tentaient de couvrir les manifestations dans la capitale le 19 septembre. Selon des rapports, quelque 300 personnes auraient été arrêtées depuis lundi.

"Les signes sont là, et les autorités doivent abandonner leur position extrêmement conflictuelle et construire des ponts avec l'opposition", souligne-t-il, se disant profondément attristé par l'explosion de violence survenue récemment dans la capitale, Kinshasa.

Le nombre important de victimes civiles, l'incendie du siège de plusieurs partis politiques et la situation toujours très tendue sont un avertissement clair qu'une crise de grande envergure pourrait survenir très prochainement, prévient-il.

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