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Jean-Ping à VOA Afrique : "Ali Bongo sait que j’ai gagné les élections"

  • Nathalie Barge

Jean Ping devant les studios de VOA Afrique à Washington DC, le 15 novembre 2016.

Jean Ping devant les studios de VOA Afrique à Washington DC, le 15 novembre 2016.

Après avoir battu campagne à Paris et Bruxelles dans l’espoir de "récupérer la victoire" électorale, l'opposant gabonais, rival malheureux d'Ali Bongo à la présidentielle du 27 août, est venu en Amérique du Nord dénoncer ce qu’il qualifie d’"injustice électorale".

En visite à Washington, Jean Ping a déclaré à VOA Afrique attendre la publication du rapport final de la mission d’observation électorale européenne, qui devrait sortir d’ici la fin du mois de novembre.

A l’issue du scrutin présidentiel, les observateurs européens avaient conclu à "une évidente anomalie" dans les résultats d’une province.

"Une analyse portant sur le nombre de non-votants et des bulletins blancs et nuls révèle une évidente anomalie dans les résultats finaux du Haut-Ogooué", qui a enregistré un taux de participation de 99,93% et a permis au président sortant d'être réélu d'une courte tête, avait indiqué l'observatrice en chef de l'UE, Mariya Gabriel.

Rejetant le premier recours de Jean Ping dénonçant des fraudes, la Cour constitutionnelle a proclamé fin septembre la réélection d’Ali Bongo.

Tout en modifiant partiellement les résultats du scrutin -50,66 % des suffrages pour Bongo contre 47,24 % à Ping- elle avait indiqué que M. Bongo gardait une avance sur M. Ping, qui s’était proclamé vainqueur après l’élection.

Depuis, l'opposant et ancien cacique du régime, n’a de cesse de contester sa défaite et effectue de nombreux déplacements à l’étranger pour demander à la communauté internationale de "prendre ses responsabilités":

"Nous pensons que l’Union Européenne qui a suivi tout le processus doit dire le droit (…) Si nous avons appelé la communauté internationale à venir prendre part à l’observation des élections, c’est que nous pensions qu’elle avait un rôle à jouer", a-t-il déclaré à VOA Afrique.

Ping devait aussi rencontrer à Washington des parlementaires, des responsables du département d’Etat et du National Democratic Institute (NDI) qui avait également envoyé une mission d’observation électorale au Gabon.

Récemment, ces avocats ont déposé une nouvelle requête en révision de la décision de la Cour constitutionnelle gabonaise ayant permis la réélection d’Ali Bongo.

Sachant que cela n’aura aucun effet sur la Cour, l'ex-patron de l'Union Africaine compte toutefois épuiser tous les recours légaux comme lui a recommandé la communauté internationale.

Interrogé par VOA Afrique sur les élections américaines, Jean Ping a envié le déroulement du scrutin du 8 novembre remporté par Donald Trump

"Ce qui est admirable dans ce pays, c’est que les élections se passent tout à fait normalement (…) Celui qui a gagné est proclamé vainqueur", a-t-il constaté tout en ajoutant : "Nous voulons que des choses similaires se passent chez nous".

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