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Le président interdit toute manifestation après la présidentielle en Gambie


Yahya Jammeh, le président gambien, le 16 décembre 2015.

Yahya Jammeh, le président gambien, le 16 décembre 2015.

Le chef de l'Etat gambien Yahya Jammeh a déclaré mardi que toute manifestation serait interdite après l'élection présidentielle de jeudi, au moment où la capitale Banjul connaissait d'importants rassemblements en faveur du leader de l'opposition Adama Barrow.

"Il n'y a aucune raison de protester" car l'élection qui doit se tenir jeudi ne peut pas être truquée, et de toute façon, "dans ce pays, nous n'autorisons pas les manifestations", a déclaré mardi M. Jammeh, au pouvoir depuis 22 ans.

"Ils (l'opposition) ne gagneront pas", a ajouté l'actuel président lors de son dernier meeting électoral à Banjul devant des milliers de partisans vêtus de vert.

"Rien ne se passera, ce n'est pas la première fois que nous organisons des élections", a martelé Yahya Jammeh, pour qui il n'est pas question que le résultat de ce scrutin soit différent des quatre précédents l'ayant porté puis maintenu au pouvoir.

Des manifestations ont été exceptionnellement autorisées au cours de la campagne électorale qui a duré deux semaines et s'est achevée mardi.

Face à l'ampleur inédite de ces manifestations, le principal leader de l'opposition, Adama Barrow, a pressé le président Jammeh de faire preuve de calme dans le cas où il perdrait l'élection.

Porté au pouvoir par un coup d'Etat en 1994, élu pour la première fois en 1996 puis réélu à trois reprises, il est pour la première fois confronté à un véritable défi dans les urnes.

Depuis plusieurs mois, les frustrations nées des difficultés économiques et de la répression des voix dissidentes s'expriment de plus en plus ouvertement dans ce pays anglophone d'Afrique de l'Ouest enclavé dans le territoire du Sénégal, hormis sa façade Atlantique.

Les trois candidats en lice - Yahya Jammeh, Adama Barrow, désigné par une coalition de l'opposition, et Mama Kandeh, ancien député du parti au pouvoir qui se présente sous les couleurs d'une nouvelle formation, tous âgés de 51 ans - achevaient leur campagne électorale mardi.

Jeudi, environ 890.000 Gambiens - sur quelque 2 millions d'habitants - sont appelés à choisir leur nouveau président pour cinq ans au cours d'un scrutin à un tour.

Avec AFP

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