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Dérapages racistes en France : manifestations interdites en Corse


La ville de Bonifacio en Corse (France).

La ville de Bonifacio en Corse (France).

Le préfet de Corse a interdit dimanche les manifestations dans un quartier populaire d'Ajaccio, dans le sud-ouest de l'île française, après deux jours de protestations et dérapages racistes

L'arrêté du préfet "durera jusqu'au 4 janvier au moins" et "concerne toutes les manifestations et les rassemblements", a précisé le préfet Christophe Mirmand à l'AFP.

En dépit de cette interdiction, quelque 300 manifestants se sont de nouveau massés dans le calme dimanche après-midi à l'entrée du quartier des Jardins de l'Empereur, bloquée par un important dispositif policier, a constaté un journaliste de l'AFP.

Vendredi et samedi, des centaines de manifestants avaient pénétré dans plusieurs quartiers populaires d'Ajaccio, aux cris de : "on est chez nous", "Arabes dehors".

Les incidents avaient débuté après une violente agression dans la nuit de jeudi à vendredi contre des policiers et pompiers appelés pour un feu dans le quartier des Jardins de l'Empereur.

Le lendemain, plusieurs centaines de manifestants étaient venus rechercher les auteurs de l'agression avant qu'un groupe se mette à saccager une salle de prière musulmane du quartier.

Deux jeunes hommes d'une vingtaine d'années ont été placés en garde à vue dimanche dans le cadre de l'enquête sur des incidents survenus dans l'après-midi du 24 décembre, a indiqué une source judiciaire.

Les forces de l'ordre et les services municipaux avaient alors dû procéder à l'enlèvement préventif de 400 palettes de bois, d'une tonne de pneumatiques et d'un engin incendiaire. Mais des feux avaient été tout de même allumés et une école du quartier avait fait l'objet d'actes de vandalisme.

Ces incidents surviennent dans un climat de tension en France après les attentats jihadistes qui ont fait 130 morts à Paris le 13 novembre.

Les élections régionales de la mi-décembre ont donné lieu à une poussée historique de l'extrême droite. En Corse, les nationalistes l'ont emporté, prenant pour la première fois la tête de l'exécutif de cette île méditerranéenne rattachée à la France depuis 1768.

"Il faut que ces comportements cessent, ils altèrent l'image de la Corse", a déclaré dimanche le préfet de l'île, pointant "des propos choquants et inacceptables qui sont susceptibles de tomber sous le coup d'incrimination d'incitation à la haine à la xénophobie".

Le quartier des Jardins de l'Empereur compte quelque 480 logements et 1.700 habitants, dont une moitié d'origine étrangère, selon le préfet de Corse qui l'a décrit comme "relativement tranquille".

Avec AFP

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