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Elections en France : l'extrême droite ne remporte aucune région


Marine Le Pen, le 7 décembre 2015 à Lille. (AP Photo/Michel Spingler)

Marine Le Pen, le 7 décembre 2015 à Lille. (AP Photo/Michel Spingler)

Aucun candidat du Front national n'a finalement remporté de région lors du deuxième tour des élections, dimanche en France.

L'extrême droite française a échoué dimanche 13 décembre à remporter la moindre région au deuxième tour d'un scrutin à fort suspense, après avoir engrangé des résultats record au premier tour, les électeurs ayant rallié les partis traditionnels pour l'empêcher d'arriver au pouvoir.

Ces résultats, selon de premières estimations, sont un camouflet pour les trois figures emblématiques du parti Front national: sa présidente Marine Le Pen, perdante dans le Nord, sa nièce Marion Maréchal-Le Pen qui a dû s'incliner dans le Sud, et Florian Philippot, stratège du parti, dans le Grand Est.

La droite remporte au moins cinq régions tandis que la gauche sort victorieuse dans trois régions, sur treize au total.

Selon le politologue Jean-Yves Camus, le résultat du second tour, dernier scrutin avant la présidentielle de 2017, "tend à confirmer qu'il y a une impasse pour le Front national: c'est un excellent parti de premier tour, mais il ne sait pas aller au-delà". Pour 2017, les instituts de sondage donnent Marine Le Pen qualifiée au deuxième tour, après une arrivée en première position au premier tour.

Selon M. Camus, interrogé par l'AFP sur les enseignements du second tour, "ça reste quand même pour l'avenir un problème majeur : cette victoire, elle est d'une certaine manière une victoire à la Pyrrhus. Elle ne marche qu'à partir du moment où on considère qu'on dégage une majorité régionale contre quelque chose ou quelqu'un, et pas pour", souligne-t-il.

Les treize régions françaises, redessinées l'an dernier pour porter leur taille au niveau des Länder allemands, sont les seules collectivités à pouvoir aider directement des entreprises. Elles ont aussi compétence en éducation et dans les transports.

Avec au soir du 6 décembre le plus fort score au niveau national (28%, et jusqu'à 40% dans le Nord et le Sud), le Front national de Marine Le Pen espérait conquérir plusieurs des 13 régions en métropole. Elle tablait à la fois sur le rejet des partis traditionnels, impuissants à résoudre la crise économique, et sur les peurs provoquées par les attentats jihadistes du 13 novembre à Paris (130 morts).

Menace d'une "guerre civile" de Valls

Cette semaine, le Premier ministre socialiste Manuel Valls avait brandi la menace d'une "guerre civile" si le FN prenait le pouvoir. La participation des Français au second tour a été nettement plus importante qu'au premier tour, signe d'une plus grande mobilisation.

Parti europhobe et anti-immigrés, le Front national est à la tête d'une dizaine de municipalités en France, mais il n'a jamais dirigé aucune région.

Fondé en 1972, il est présidé depuis 2011 par Marine Le Pen qui a entrepris avec succès de dédiaboliser le parti en brandissant une "image différente" de celle illustrée par le cofondateur, son père Jean-Marie, et en débarrassant, au moins partiellement, des militants antisémites, homophobes ou des nostalgiques de la collaboration française avec l'Allemagne nazie.

Signe de cette volonté de normalisation, Jean-Marie Le Pen a été exclu du FN en août dernier, au terme d'un psychodrame aux accents familiaux, pour ses propos réitérés sur les chambres à gaz pendant la Seconde guerre mondiale qualifiées de "détail de l'Histoire".

Les lendemains du scrutin pourraient mettre à mal les ambitions pour 2017 de l'ex-président Nicolas Sarkozy (2007-2012), confronté à deux rivaux coriaces, les anciens Premiers ministres Alain Juppé et François Fillon. Sa stratégie, consistant à disputer à l'extrême droite ses thèmes fétiches (sécurité, immigration, identité nationale), n'a pas freiné l'érosion d'une partie de l'électorat conservateur vers le FN et divise sa formation.

A gauche, le "front républicain" face au FN prôné par les socialistes, en déclin aux régionales, est vu par certains comme une stratégie visant à présenter le président François Hollande, dont la popularité a rebondi après les attentats, comme le meilleur rempart en 2017.

Avec AFP

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