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Forte hausse des actes islamophobes en Espagne en 2015


Les banques, nouvelle cible des protestations en Espagne

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Les actes islamophobes ont été multipliés par dix entre 2014 et 2015 en Espagne, passant de 48 à 534, selon des données de la plateforme citoyenne contre l'islamophobie, diffusées après de nouvelles agressions.

Ces informations ont été transmises à l'AFP par Mounir Benjelloun, président de la Fédération espagnole d'entités religieuses islamiques (Feeri), et paraîtront dans un rapport annuel de la Plateforme citoyenne contre l'islamophobie en cours d'élaboration, recensant les actes contre les biens ou les personnes portés à la connaissance de la plateforme, soit directement, soit par les médias ou les réseaux sociaux.

Selon le ministère de l'Intérieur espagnol, les "délits de haine" liés aux croyances ou pratiques religieuses sont passés de 63 à 70 de 2014 à 2015, et ceux liés au racisme et à la xénophobie de 475 à 505.

"Il est difficile de comptabiliser les cas d'islamophobie via le ministère de l'Intérieur", assure cependant Mounir Benjelloun, affirmant qu'"il y a beaucoup de cas où les gens ne veulent pas porter plainte" et que "certains commissariats ne les classent pas dans les délits de haine" mais parmi les actes de vandalisme.

Ce type d'agressions "augmente quand il y a un acte de violence dans un pays européen", note Mounir Benjelloun, en évoquant les attentats ayant frappé Paris en janvier puis en novembre 2015 et Bruxelles le 22 mars, revendiqués par l'organisation Etat islamique (EI).

Ce jour-là, des militants de Hogar Social Madrid (Foyer social Madrid), une association organisant des soupes populaires "pour Espagnols seulement", se sont rendus à la mosquée Omar de Madrid avant d'y accrocher une banderole sur laquelle il était écrit "Aujourd'hui Bruxelles, demain Madrid ?"

La police a annoncé avoir identifié 14 participants à cette manifestation, "tous liés à des groupes d'extrême-droite".

L'Union des communautés islamiques d'Espagne (Ucide) avait alors dénoncé dans un communiqué les actions de "groupes extrémistes" voués à "manipuler l'opinion publique en tentant d'amalgamer et de diriger un courant de haine contre tous les musulmans".

Le 30 mars, de la peinture rouge a été déversée devant l'entrée de la mosquée de Parla, dans la banlieue sud de Madrid, et des croix gammées peintes sur la porte.

Un homme, lié à l'extrême-droite selon la police, a été mis en examen mardi dans cette affaire pour "délit contre les croyances religieuses" et "dégradations".

D'autres mosquées ont été vandalisées après les attentats de Bruxelles, à Salamanque ou Grenade, a précisé à l'AFP Riay Tatary, président de la Commission islamique d'Espagne, représentant les musulmans d'Espagne qui étaient fin 2015 1,89 million (4% de la population).

Avec AFP

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