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Dans un face-à-face tendu, Washington et Pékin appellent à coopérer


 John Kerry parlant à l'ouverture du 8è Dialogue stratégique et économique, Pékin, le 6 juin 2016.(Saul Loeb/Pool Photo via AP)

John Kerry parlant à l'ouverture du 8è Dialogue stratégique et économique, Pékin, le 6 juin 2016.(Saul Loeb/Pool Photo via AP)

Les Etats-Unis et la Chine ont appelé lundi à coopérer comme "des partenaires" et non "des rivaux", lors de leur face-à-face annuel stratégique et économique, sous forte tension cette année en raison des conflits territoriaux en mer de Chine méridionale.

Les deux premières puissances mondiales sont réunies lundi et mardi dans la capitale chinoise pour leur "8e Dialogue stratégique et économique", en pleine mutation de la région Asie-Pacifique. L'administration du président Barack Obama a fait de cette zone la priorité de sa politique étrangère, suivant le fameux "pivot" ou "rééquilibrage" de l'Amérique vers l'Asie, où la Chine est de plus en plus influente.

Le président chinois Xi Jinping a d'entrée donné le ton en jugeant que "la vaste (région) du Pacifique devait être une scène de coopération et non pas une zone de compétition". Il a réclamé que "les Etats-Unis et la Chine renforcent leur confiance réciproque" ainsi que "leur coopération en Asie-Pacifique".

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, accompagné du secrétaire au Trésor Jacob Lew, lui a répondu: "C'est à nous, l'Amérique et la Chine, à faire en sorte que nous soyons plus des partenaires que des rivaux".

Mais les deux mastodontes, concurrents manifestes en Asie-Pacifique, avaient eu dimanche une brusque poussée de fièvre à propos des contentieux territoriaux maritimes qui opposent la Chine à ses voisins d'Asie du sud-est et qui empoisonnent toute la région.

- 'Provocations' -

Washington et Pékin s'étaient accusés de "provocations".

L'ambiance était plus détendue à l'ouverture du Dialogue lundi. Les Etats-Unis se sont gardés de montrer du doigt nommément leur hôte chinois. M. Kerry s'est contenté d'"exhorter toutes les nations à trouver une solution diplomatique" à la crise en mer de Chine méridionale.

La montée des tensions sur le sujet s'explique par l'imminence d'une décision juridique très attendue de la Cour permanente d'arbitrage de la Haye saisie par les Philippines face à la Chine.

Pékin revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, où ses travaux d'infrastructures et de remblaiements sur des îlots contestés provoquent la colère des Etats riverains, le Vietnam, les Philippines, Brunei et la Malaisie.

A Oulan-Bator dimanche, John Kerry avait tonné contre la "militarisation" de cette zone maritime riche en ressources et cruciale pour le commerce mondial. Pékin lui avait rétorqué que "les pays extérieurs devraient jouer un rôle constructif à ce sujet, pas l'inverse".

Même si les Etats-Unis se targuent de "ne pas prendre position" dans les contentieux en mer de Chine, ils défendent bec et ongles la liberté de navigation dans ces eaux stratégiques pour les échanges mondiaux. Washington a même envoyé des navires de guerre croiser à proximité d'îles contrôlées par Pékin.

Un diplomate américain a reconnu dimanche auprès de l'AFP que "les tensions en mer de Chine méridionale étaient plus élevées qu'il y a un an" lors du Dialogue Etats-Unis/Chine précédent.

-Pressions 'impératives' sur Pyongyang-

Le menu de cette année est tout aussi chargé.

Mer de Chine méridionale, Corée du Nord, Taïwan, changement climatique, cyber-sécurité, terrorisme, niveau du yuan, échanges commerciaux et coopération économique. La liste des sujets -- de points d'accords ou de différends -- est loin d'être exhaustive entre, côté américain, MM. Kerry et Lew et, côté chinois, le vice-Premier ministre Wang Yang et le conseiller d'Etat Yang Jiechi, qui a la main sur la politique étrangère.

Ce dernier a assuré que la Chine et les pays d'Asie du sud-est avaient fait "des progrès importants" en vue de "la signature d'un code de conduite en mer de Chine méridionale", une Arlésienne dans cette crise depuis plus d'une décennie.

M. Yang a aussi promis une "communication renforcée avec les Etats-Unis à propos du nucléaire nord-coréen, iranien ou de la Syrie".

A propos du casse-tête nord-coréen, John Kerry a justement jugé "impératif" de "maintenir la pression" de la communauté internationale sur Pyongyang pour contrecarrer ses programmes nucléaire et balistique.

Il a vanté la collaboration des deux géants contre la Corée du Nord, dont les activités militaires ont été condamnées à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'ONU. Donc avec la voix de Pékin, allié du régime communiste.

Avec AFP

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