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Retraite forcée pour 32 juges ayant rejeté la destitution de Morsi


Le président islamiste évincé Mohamed Morsi, dans le palais de justice de l'Académie de police, au cours d'une audience au tribunal pour incitation à l'assassinat de ses adversaires, au Caire, en Egypte, le 3 novembre 2014. (AP Photo/Mohammed al-Law)

Le président islamiste évincé Mohamed Morsi, dans le palais de justice de l'Académie de police, au cours d'une audience au tribunal pour incitation à l'assassinat de ses adversaires, au Caire, en Egypte, le 3 novembre 2014. (AP Photo/Mohammed al-Law)

Ces juges avaient refusé de reconnaître la légalité de la destitution par l'armée en 2013 du président islamiste égyptien Mohamed Morsi.

Après la destitution le 3 juillet 2013 du premier président élu démocratiquement en Egypte, le nouveau pouvoir a tué en 10 mois plus de 1.400 manifestants pro-Morsi et emprisonné plus de 40.000 de ses partisans, notamment des membres de sa confrérie des Frères musulmans, selon Amnesty international et Human Rights Watch.

"Le Conseil judiciaire suprême a décidé aujourd'hui de mettre à la retraite d'office 32 juges pour s'être impliqués en politique en soutenant une certaine partie", a indiqué à l'AFP un haut responsable de cette instance de discipline de la magistrature, sous couvert de l'anonymat. L'information a été confirmée par l'un de ses pairs.

Le Conseil avait déjà mis à la retraite d'office 15 juges il y a une semaine, pour les mêmes motifs.

Ces magistrats avaient refusé, d'une manière ou d'une autre, de reconnaître la légalité de la destitution de M. Morsi. Ce dernier a depuis été condamné à mort en première instance, comme la quasi-totalité des cadres des Frères musulmans et des centaines de partisans, dans des procès de masse expéditifs qualifiés par l'ONU de "sans précédent dans l'Histoire récente".

Certains de ces magistrats avaient notamment lu un communiqué pour rejeter la destitution du chef de l'Etat à la tribune d'un gigantesque sit-in de manifestants islamistes en plein coeur du Caire, sur la place Rabaa al-Adawiya.

Le 14 août 2013, policiers et soldats avaient tué par balles plus de 700 manifestants pro-Morsi en faisant évacuer Rabaa al-Adawiya et une autre place du centre de la capitale.

Le chef de l'armée d'alors, le général Abdel Fattah al-Sissi, qui avait destitué M. Morsi, a ensuite été élu président en mai 2014, évinçant toute opposition de la scène politique.

Les organisations internationales de défense des droits de l'Homme accusent son régime d'être ultra-répressif.

La mise à la retraite des 32 juges lundi et de leurs 15 collègues une semaine plus tôt est une "mesure arbitraire et injuste", a commenté la Commission internationale de juristes, une ONG basée à Genève, ajoutant: "L'intensité des attaques contre les juges en Egypte atteint un niveau effrayant".

Avec AFP

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