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Dix-sept nouvelles fosses communes découvertes au Kasaï


Des policiers encadrent un groupe d’hommes près des tombes nouvellement creusées sur les lieux d'un accident de train dans la jungle à Ndenga Mongo, province de Kasaï, RDC, 4 août 2007.

Ce sont les Nations unies qui ont révélé la découverte de ces 17 nouvelles fosses communes dans la région des Kasaï, au centre de la République démocratique du Congo (RDC). Cela porte à 40 le nombre total de fosses communes documentées par l'ONU depuis le début des violences dans cette partie du pays.

Dans un communiqué publié mercredi, le Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme réclame une enquête internationale à laquelle devra être associée la Cour pénale internationale (CPI), si les autorités congolaises n'ouvrent pas immédiatement une enquête sur ces violences.

"Des enquêteurs des Nations unies en RDC confirment l'existence d'au moins 17 nouvelles fosses communes dans la province du Kasaï-central", indique le communiqué du Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme.

Les 17 nouvelles fosses communes sont liées aux violences enregistrées dans les affrontements entre la milice Kamwina Nsapu et les forces de l'ordre depuis septembre, dans la région des Kasaï, au centre de la RDC.

"Cela porte à 40 le nombre total de fosses communes documentées par les Nations unies dans les provinces du Kasaï-central et Kasaï-oriental" depuis le début des violences dans ces régions, précise le texte.

"Il est absolument essentiel que le gouvernement de la RDC prenne les mesures nécessaires, et jusqu'ici manquantes, pour qu'une enquête immédiate, transparente et indépendante, qui établisse les faits et les circonstances des violations et atteintes aux droits de l'Homme et à la justice, soit mise en place", poursuit le communiqué.

Le gouvernement avait le mois dernier expédié une enquête des magistrats militaires qui s’est soldée par l’arrestation de sept militaires parmi lesquels des officiers de l’armée impliqués dans de présumés massacres des civils non armés, accusés d'être des miliciens. Une vidéo avait circulé en ce sens.

Si aucune enquête nationale n'est entreprise, le Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, indique qu'il n'hésitera pas à "demander à la communauté internationale de soutenir une enquête menée par un mécanisme international, y compris par la Cour pénale internationale".

Mardi, les autorités congolaises ont annoncé la fin du phénomène Kamwina Nsapu après la désignation d’un nouveau chef coutumier et de la remise de la dépouille de son prédécesseur tué le 12 août 2016 par les forces de sécurité, ce qui serait la cause des violences entre ces dernières et les miliciens se réclamant de Kamwina Nsapu.

Ces affrontements ont fait plusieurs centaines de morts, dont deux experts missionnés par le secrétaire général de l'ONU pour enquêter dans la région. Ils se déroulent dans les provinces du Kasaï-central, du Kasaï-oriental, du Kasaï et du Lomami.

La rébellion Kamwina Nsapu a été accusée par l'ONU de recruter des enfants et d'avoir commis de nombreuses atrocités.

Les forces de l'ordre, quant à elles, se voient reprocher par l'ONU de faire un usage disproportionné de la force contre des miliciens armés, essentiellement de bâtons et de lance-pierres. Elles ont été mises en cause en février sur internet dans des vidéos montrant des massacres présumés de rebelles.

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