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Comparution au Tchad de trois militants des droits de l'Homme


Les étudiants tchadiens réunis devant leur faculté pour demander la libération de leurs camarades emprisonnés, à N'Djamena, au Tchad, le 1 mars 2017. (VOA/André Kodmadjingar)

Le ministre tchadien de la justice annonce que trois représentants de la société civile incarcérés pendant plusieurs jours sans aucune charge vont comparaître jeudi devant la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de la capitale N'Djamena.

Les trois activistes "ont été auditionnés (mercredi) par le procureur qui les a placés sous mandat de dépôt (...); ils ont été transférés à la maison d'arrêt de N'Djamena et devront comparaître en audience jeudi", a indiqué une source issue de la magistrature.

La comparution aura lieu devant la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de la capitale tchadienne, a précisé à l'AFP le ministre tchadien de la justice Ahmat Mahamat Hassan.

Les charges retenues contre Nadjo Kaina et Bertrand Sollo, membres de la campagne "Tournons la page" (TLP) et du mouvement citoyen Lyina, arrêtés respectivement le 6 et le 15 avril, sont "trouble à l'ordre public et incitation à la révolte", a fait savoir M. Ahmat Mahamat Hassan.

Le troisième militant, le président du Collectif tchadien contre la vie chère (CTVC) Dingamnayal Nely Versinis, interpellé le 12 avril, est accusé d'"usurpation des titres et escroqueries", a indiqué cette même source.

Les trois activistes ont tous été arrêtés par des agents des services tchadiens de renseignement de l'Agence nationale de sécurité (ANS) puis détenus pendant plusieurs jours au secret et sans charges, avant d'être transférés lundi à la coordination de la police judiciaire pour enquête et présentés au procureur mercredi.

L'ONG Amnesty International avait appelé mardi dans un communiqué les autorités tchadiennes à "libérer immédiatement et sans condition les trois prisonniers d'opinion".

La délégation de l'Union européenne, l'ambassade de la République fédérale d'Allemagne, l'ambassade de France, l'ambassade des Etats-unis et la représentation de la Suisse, dans un communiqué conjoint publié mardi, s'étaient montrées "préoccupés par la détention de plusieurs militants de la société civile" et attachées "au droit à un procès équitable".

Allié de la France dans la lutte antijihadiste, le Tchad est dirigé d'une main de fer par le président Idriss Déby, au pouvoir depuis 1990 et réélu pour un cinquième mandat en avril 2016 après des élections aux résultats contestés.

Lors de la célébration des 25 ans du parti d'opposition de l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR) qui s'est achevée dimanche, son chef de file Saleh Kebzabo avait interpellé les Etats-Unis, la France et l'Union européenne sur la situation politique au Tchad, leur demandant de "choisir entre le peuple tchadien et celui qui est responsable de ses souffrances".

Le pays, pourtant producteur de pétrole, est en proie à une crise économique et sociale aggravée par l'effondrement des cours du brut.

Avec AFP

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