Liens d'accessibilité

Comores : le principal parti d'opposition en arbitre de la présidentielle dimanche


Comores : la prolongation du mandat du président Sambi provoque une crise

Comores : la prolongation du mandat du président Sambi provoque une crise

Le second tour de la présidentielle dimanche aux Comores, où s'affrontent trois candidats, se cristallise sur l'affrontement entre l'homme du pouvoir Mohamed Ali Soilihi, et l'ex-putschiste Azali Assoumani, soutenu par la figure charismatique du principal parti d'opposition.

Les trois candidats qualifiés pour dimanche étaient arrivés dans un mouchoir de poche au premier tour du scrutin le 21 février dans ce petit archipel pauvre de l'océan Indien, secoué par de nombreux coups d'Etat ou tentatives jusqu'en 2012.

L'actuel vice-président Mohamed Ali Soilihi, dit Mamadou, avait décroché la première place avec 17,88% des voix, devançant le gouverneur de l'île de la Grande-Comore, Mouigni Baraka (15,62%), et l'ancien chef de l'Etat, le colonel Azali Assoumani (15,10%).

La campagne électorale est restée globalement terne, avec un déballage sur des cas de corruption supposée ou de trahison.

Les partisans de Mamadou ont rappelé qu'Azali Assoumani avait abandonné en 1995 ses hommes en plein affrontement avec une dizaine de mercenaires conduits par le Français Bob Denard pour se réfugier dans l'enceinte de l'ambassade de France à Moroni.

Des proches de l'opposition ont, eux, accusé Mamadou d'avoir signé des contrats douteux dans le pétrole et les travaux publics.

A l'exception de Mamadou qui a fait de l'énergie et de la formation professionnelle ses priorités, les programmes des candidats ne diffèrent guère les uns des autres. Ils se réduisent à un catalogue de bonnes intentions pour combattre les maux qui affectent le pays, dont le chômage et les infrastructures défaillantes (routes, électricité...).

Pour s'imposer dimanche, il est cependant essentiel pour les candidats de séduire les électeurs du principal parti d'opposition Juwa (Soleil) - dont le candidat à la présidentielle, Fahmi Saïd Ibrahim, avait été éliminé au premier tour.

Le Juwa est officiellement divisé entre soutenir Mamadou ou le colonel Assoumani, ce qui laisse planer une grande incertitude sur l'issue du scrutin.

Un homme nuisible

Toutefois, le président d'honneur du Juwa, le très populaire et charismatique Ahmed Abdallah Sambi, a apporté son soutien personnel mais crucial à Azali Assoumani la semaine dernière.

Et mercredi, les deux hommes ont publiquement scellé leur alliance lors du dernier meeting à Moroni d'Azali Assoumani, qui a réuni quelques milliers de partisans au stade Ajao.

Présents ensemble sur l'estrade, ils ont pris la parole pour se congratuler mutuellement.

"En mon nom personnel, j'invite tous ceux qui m'aiment à se joindre à moi pour élire Azali Assoumani", avait lancé quelques jours plus tôt l'ancien président (2006-2011) Ahmed Abdallah Sambi à ses partisans.

Tout autre choix "faciliterait la victoire d'un homme nuisible pour ce pays, avec le risque d'une explosion sociale", avait-il prévenu, en référence à Mamadou.

"Azali sera au gouvernail pour appliquer le programme qu'on va arrêter ensemble. Nous nous occuperons de la diplomatie", a encore affirmé la semaine dernière Ahmed Abdallah Sambi, surnommé "le chiite" à cause de ses liens avec l'Iran alors que l'Union des Comores est majoritairement sunnite.

Azali Assoumani s'est, lui, gardé de se prononcer sur un éventuel partage des postes.

Le choix d'Azali Assoumani est cependant loin de faire l'unanimité au Juwa. Une quinzaine de ses cadres ont démissionné pour rallier principalement Mamadou.

Le soutien du Juwa est essentiel car il dispose d'un important réservoir de voix sur l'île comorienne d'Anjouan, dont est originaire Ahmed Abdallah Sambi.

Les électeurs d'Anjouan n'avaient pas participé au premier tour de la présidentielle le 21 février, conformément à la Constitution atypique de l'Union des Comores, pays composé de trois îles (Anjouan, Grande-Comore et Mohéli).

Seuls les électeurs de la Grande-Comore, à qui revient cette année la présidence tournante de l'archipel, avaient pu voter au premier tour. En revanche dimanche, l'ensemble du corps électoral du pays est appelé aux urnes.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG