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Burundi : l'ONU reconnaît être mal préparée au pire


Des habitants auprès de cadavres retrouvés dans les rues de Bujumbura, samedi 12 décembre 2015. (AP Photo)

Des habitants auprès de cadavres retrouvés dans les rues de Bujumbura, samedi 12 décembre 2015. (AP Photo)

L'ONU envisage trois scénarios en cas de dérapage de la crise au Burundi mais reconnaît ne pas avoir les moyens de protéger efficacement les civils si le pire se produit, c'est-à-dire un génocide, selon un document interne.

Ce mémorandum confidentiel a été adressé au Conseil de sécurité de l'ONU par le chef des opérations de maintien de la paix Hervé Ladsous.

Si les choses tournent vraiment mal, la violence atteindra "une ampleur dépassant les capacités de protection des Nations unies", qui devront alors compter sur les Etats membres pour fournir des "capacités supplémentaires" d'intervention.

Même si les Casques bleus sont autorisés à utiliser la force pour se défendre et protéger les civils, explique M. Ladsous, "les Nations unies sont mal équipées pour monter le type d'opération d'imposition de la paix qui pourrait être requis aux termes du scénario 3", c'est-à-dire en cas de génocide.

Dans un premier scénario, la violence reste "sporadique et d'intensité relativement faible" et un processus politique se poursuit, de même que des efforts pour déployer une force de l'Union africaine.

Dans le deuxième scénario, la sécurité "se dégrade de manière importante" à Bujumbura et ailleurs, il n'y a "pas de processus politique crédible" et la force africaine ne parvient pas à se déployer.

Bujumbura s'oppose pour l'instant au déploiement de cette Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu), forte de 5.000 hommes.

Le scénario trois mène au génocide : "violence à caractère clairement ethnique et de bien plus grande ampleur et intensité", avec la perspective de "crimes contre l'humanité, crimes de guerre et génocide".

Le scénario un verrait l'ONU appuyer le dialogue politique et fournir éventuellement un soutien à la Maprofu. Dans les deux autres cas, il faudrait déployer d'urgence des Casques bleus, comme le Conseil de sécurité l'a autorisé en principe.

Mais il faudrait obtenir pour cela un mandat du Conseil, des troupes de la part de pays membres et "une forme de consentement du gouvernement burundais" à un déploiement, rappelle le document.

Il souligne qu'il s'agirait "d'une mesure à prendre en dernier recours" et fait valoir que "les Casques bleus ne sont pas un corps expéditionnaire".

"La protection des civils sera limitée à quelques zones dans Bujumbura même s'il est fort probable que les civils seront menacés dans tout le pays", note le document.

En termes d'effectifs, l'ONU devrait, selon les scénarios, mobiliser une brigade (4.000 hommes environ), prélevée sur sa Mission en République démocratique du Congo (Monusco), et jusqu'à 10.000 hommes pendant six mois.

Avec AFP

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