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Burundi: attaques à la grenade contre la police, l'ONU nomme un nouveau médiateur


Photo d’archives : Trois hommes menottés sont emmenés par la police après avoir été arrêtés comme les organisateurs d'une manifestation de l'opposition, à Jenda, au Burundi, le 12 juin 2015.

Photo d’archives : Trois hommes menottés sont emmenés par la police après avoir été arrêtés comme les organisateurs d'une manifestation de l'opposition, à Jenda, au Burundi, le 12 juin 2015.

La police burundaise a subi dans la nuit de vendredi à samedi une série d'attaques à la grenade, signe que perdure la crise dans le pays, où l'ONU a nommé un nouveau médiateur à l'approche d'élections controversées.

Selon des sources sécuritaires que cite l'AFP, onze policiers ont été blessés, dont un grièvement, lors de ces nouvelles attaques dans la capitale Bujumbura, épicentre de la crise suscitée par la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat lors du scrutin désormais fixé au 15 juillet.

"Plusieurs positions de la police ainsi que des véhicules de police ont été attaqués à la grenade dans (les quartiers de) Cibitoke, Nyakabiga, Musaga, Jabe", a affirmé à l'AFP un haut gradé de la police.

"Onze policiers ont été blessés, dont un grièvement, et les policiers ont riposté par des tirs nourris", a-t-il poursuivi.

Selon lui, "ce sont les manifestants qui sont responsables de ces attaques terroristes. Ils ont tout simplement changé de méthode".

Mais, parmi les habitants des quartiers concernés qui ont fait état d'explosions et de tirs d'armes automatiques en nombre dans la nuit, certains ont mis en cause les forces de l'ordre, accusées de chercher à "terroriser la population".

Depuis l'annonce de la candidature de M. Nkurunziza fin avril, ce petit pays d'Afrique des Grands lacs à l'histoire jalonnée de massacres interethniques est secoué par une vive contestation, surtout à Bujumbura.

Les manifestations emmenées par l'opposition et la société civile, qui jugent un troisième mandat inconstitutionnel, se sont nettement essoufflées durant la période récente après une sévère répression. Les violences ont fait au moins 70 morts, selon une organisation burundaise de défense des droits de l'Homme.

Plusieurs grenades ont été lancées depuis le début des troubles contre des policiers, des militaires ou des civils. Des actions jamais revendiquées.

Après des manifestations quasi-quotidiennes durant des semaines, un coup d'Etat militaire raté et une série de reports des échéances électorales, le pays se dirige désormais vers des élections législatives et communales le 29 juin, avant la présidentielle le 15 juillet.

Impasse du dialogue politique

C'est pour relancer un dialogue actuellement au point mort entre le camp du président Nkurunziza - au pouvoir depuis dix ans - et ses opposants que l'ONU a désigné un nouveau médiateur.

Le Sénégalais Abdoulaye Bathily, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique centrale, a ainsi été "désigné comme le nouveau facilitateur" dans la crise burundaise, a annoncé samedi à l'AFP le chef de la diplomatie burundaise, Aimé-Alain Nyamitwe.

M. Bathily, 68 ans, plusieurs fois ministre, succède à ce poste à l'Algérien Saïd Djinnit. Ce dernier avait dû jeter l'éponge après avoir été récusé par l'opposition, qui l'accusait d'"avoir un penchant" pour les positions du pouvoir burundais.

La crise au Burundi inquiète les pays voisins, où plus de 100.000 Burundais ont fui, et la communauté internationale, qui redoute des violences à grande échelle dans ce pays toujours marqué par une longue guerre civile (1993-2006).

Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) a recommandé cette semaine la reprise du dialogue politique, réclamant que soient abordés tous les points de discorde et un calendrier électoral consensuel.

"Nous n'avons pas de problèmes avec ça, mais ce que nous avons dit et qui n'a pas changé, c'est la question du calendrier électoral qu'on ne va pas toucher", a réaffirmé le chef de la diplomatie burundaise, invoquant la nécessité d'éviter "un vide essentiel".

Et le gouvernement exclut toujours de discuter de la question du troisième mandat.

"Il faut être réaliste. Nous sommes pratiquement à une semaine des premiers scrutins, les délais légaux pour la présentation des candidatures sont déjà dépassés", a justifié le ministre.

Plusieurs missions d'observation électorale internationales, notamment celle de l'Union européenne, ont suspendu leur couverture des élections au Burundi en dénonçant l'absence des "conditions minimales" pour des scrutins crédibles.

Source: AFP

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