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Blaise Compaoré n'exclut pas de briguer un autre mandat


Le président Blaise Compaoré, en visite cette semaine aux Etats-Unis, notamment pour assister à la 68ème session de l'Assemblée générale de l'ONU

Le président Blaise Compaoré, en visite cette semaine aux Etats-Unis, notamment pour assister à la 68ème session de l'Assemblée générale de l'ONU

En visite à Washington, le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, a évoqué le rôle de son pays dans la médiation des conflits dans la sous-région - au Mali, en Guinée et en Côte d’Ivoire notamment. Il s’exprimait à l’occasion d’une allocution sur la paix et la sécurité au Centre Wilson (Wilson Center) de la capitale américaine.


Lors d’une interview avec la Voix de l’Amérique (VOA), M. Compaoré a insisté sur la nécessité de prévenir les conflits et de faire en sorte que le processus politique démocratique fonctionne. Les citoyens ordinaires, a-t-il déclaré à Mariama Diallo, ont besoin de faire confiance au système, et les autorités doivent poursuivre un dialogue avec les populations pour que la démocratie fonctionne. « Il faut faire en sorte que tout cela soit transparent », et que le dialogue soit inclusif, a-t-il poursuivi.

Quant aux conflits de la sous-région que Ouagadougou a été appelé à gérer, « ils sont tels que nous voyons un intérêt à aider », a confié M. Compaoré. L’autre option n’est pas viable pour le Burkina Faso, un pays enclavé qui partage de longues frontières avec ses voisins, notamment le Mali. Tout acte de déstabilisation a des répercussions immédiates, a rappelé le président Burkinabé. « On ne peut pas être épargné », a-t-il dit.


Au pouvoir depuis 1987, M. Compaoré affirme poursuivre aujourd’hui son dernier mandat, conformément à la Constitution. « J’ai toujours respecté la Constitution », a-t-il dit à la VOA. Néanmoins, le président burkinabé n’a pas exclu de se représenter lors de la prochaine élection présidentielle, même si l’échéance de 2015 est, selon lui, lointaine, et qu’il ne souhaite pas participer à un pré-débat sur une future candidature. Encore me faut-il exécuter mon mandat actuel, a fait valoir M. Compaoré. « Je sais aussi où sont les limites de mes forces », a-t-il reconnu, tout en rappelant qu’en fin de compte, le choix de se représenter – ou non – lui appartiendrait. « C’est à moi de choisir » a-t-il souligné.

L’opposition burkinabé accuse le chef de l’Etat de pousser à la création d’un Sénat qui n’est pas nécessaire, et gonflera une fonction publique que certains jugent pléthorique. Ce à quoi M. Compaoré répond que « c’est une position politique ». De toute façon, le gouvernement burkinabé travaille sur la base de la Constitution qui a adopté la mise en place du Sénat, a-t-il dit. « Donc l’opposition n’a pas une majorité pour modifier. Même si elle veut modifier ce Sénat, elle doit avoir l’accord ou l’adhésion des forces politiques qui sont dominantes au niveau de l’Assemblée nationale, et pour l’instant ce n’est pas le cas », a-t-il poursuivi. Un consensus assez large se dégage progressivement, même si ce n’est pas l’unanimité, à savoir que cette deuxième chambre va aider à améliorer les lois de la République, a estimé le chef de l’Etat burkinabé.

Quant à l’intérêt des Etats-Unis pour l’Afrique, de l’avis du président Burkinabé, c’est dû non seulement à la communauté Afro-Américaine, mais au soutien du continent pour les Etats-Unis. « Je pense que les Américains s’intéressent à l’Afrique », a-t-il dit, « parce que c’est un continent qui, politiquement, a toujours apporté aux Américains un soutien, je dirais, inestimable ».

M. Compaoré participera cette semaine à New-York à la 68ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU).

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