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Ban Ki-moon : les islamistes restent une menace pour l'Afrique de l'Ouest


Les islamistes liés à Al-Qaïda présents au Mali restent une menace pour l'ensemble de la région, estime le secrétaire général de l'ONU.

Malgré son inquiétude à propos des élections prévues fin juillet, Ban Ki-moon approuve le déploiement à partir du 1er juillet d'une force de maintien de la paix de l'ONU, même s'il souligne qu'elle est pauvrement équipée et mal entraînée.

La Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) est censée prendre en juillet le relais de la force panafricaine (Misma). Sa tâche sera de stabiliser le nord du Mali et d'encourager la transition politique à Bamako.

Les opérations menées par les troupes françaises et maliennes dans le nord du Mali ont "affaibli" les groupes islamistes armés qui y ont imposé la charia pendant dix mois, estime M. Ban dans ce document. "Ils ont perdu l'avantage tactique et une grande partie du sanctuaire auquel ils ont eu accès pendant des années dans le nord du Mali", ajoute-t-il.

Le secrétaire général de l'ONU exprime toutefois son inquiétude à propos des attentats suicides et autres opérations de guérilla menés par les islamistes au Mali et dans des pays voisins comme au Niger fin mai. Les groupes armés "conservent la capacité de faire peser une menace importante" et "ont toujours des réseaux de soutien et des structures de recrutement", déplore-t-il.

"Il est important de garder à l'esprit le danger représenté par des éléments armés qui se déplacent vers des pays voisins pour mener des attaques terroristes et participer à des activités criminelles", ajoute M. Ban.

La Minusma comprendra à terme 12.600 soldats dont 6.000 venus des pays d'Afrique de l'Ouest sont déjà sur place au Mali. Les troupes françaises resteront dans la région pour effectuer des opérations anti-terrorisme.

Selon le secrétaire général de l'ONU, le gouvernement malien n'a fait que "des progrès limités" pour restaurer l'ordre et une offensive gouvernementale pour déloger les Touaregs de la ville de Kidal menacerait l'élection présidentielle prévue le 28 juillet.

L'ONU "a continué à recevoir des allégations de graves violations des droits de l'homme dans le Nord, dont des exécutions sommaires, des arrestations arbitraires, des disparitions forcées ainsi que la destruction et le pillage de propriétés privées", note M. Ban. "Des élections dans ces circonstances seront inévitablement faussées", estime M. Ban dans ce rapport en relevant que Kidal et d'autres poches rebelles n'ont encore aucun matériel ni responsable électoraux.

Les négociations entre le pouvoir malien et les rebelles touareg occupant Kidal, dans le nord-est du Mali, ont commencé samedi sous l'égide de la médiation burkinabè, qui a appelé à une cessation des hostilités en vue de la présidentielle.

Le secrétaire général de l'ONU note dans son rapport que les autorités maliennes devraient "considérer attentivement si l'agenda qu'elles ont adopté donne assez de temps pour s'assurer que les élections contribueront vraiment à renforcer la stabilité et à promouvoir la réconciliation nationale".
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