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Au moins 75 membres d'une nouvelle "milice" arrêtés en RDC


Soldat congolais en patrouille dans le sud-Kivu, le 10 nov. 2009

Soldat congolais en patrouille dans le sud-Kivu, le 10 nov. 2009

Le député provincial Frédéric Batumike du Sud-Kivu et 74 autres personnes ont été présentés par les autorités de Kinshasa comme des membres d’une nouvelle milice arrêtés par les services de sécurité. Le gouvernement attribue à la novelle milice qui se reconnait sous l’appellation de Djeshi ya Yesu" (Armée de Jésus, en swahili), plusieurs attaques meurtrières de positions de l'armée et de la police dans cette province de l’est de la RDC.

Les autorités congolaises ont arrêté 75 personnes accusées d'appartenir à une nouvelle milice dans l'est instable de la République démocratique du Congo, a annoncé jeudi le ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba.

"Depuis deux jours, nous avons fait arrêter un député provincial (...) Frédéric Batumike" ainsi que "74 autres personnes" à Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse à Kinshasa.

"Nous avons pu établir (que M. Batumike) a mis en place une milice, Djeshi ya Yesu" (Armée de Jésus, en swahili, NDLR) dont "il est le chef", a ajouté M. Thambwe Mwamba, "il lui est reproché spécialement plusieurs attaques (meurtrières de) positions de l'armée et de la police".

Soupçonné d'être le commanditaire de l'assassinat d'un défenseur des droits de l'Homme congolais, Évariste Kasali, tué le 17 mars, M. Batumike est aussi poursuivi pour le meurtre d'un Allemand, Walter Müller, propriétaire de plantations au Sud-Kivu, sauvagement assassiné en 2012, a encore dit M. Thambwe.

Selon les avocats de la famille Müller, Kasali avait enquêté et accusé M. Batumike d'avoir commandité l'assassinat de Müller pour s'accaparer ses terres.

Dans ce qui semble être une référence à un fait divers sordide dénoncé par le célèbre gynécologue congolais Denis Mukwege, M. Thambwe a accusé également M. Batumike d'avoir recruté un "féticheur qui conseille aux miliciens de violer des très jeunes filles pour pouvoir être assuré d'une protection surnaturelle".

"On a pu documenter une trentaine de viols imputables à cette milice", a-t-il expliqué.

Fondateur de l'hôpital de Panzi (Bukavu), qui vient en aide aux femmes violées dans les conflits qui ravagent l'Est congolais depuis plus de vingt ans, le Dr Mukwege avait dénoncé en 2014 et 2015 une vague d'enlèvements et de viols nocturnes de fillettes (certaines âgées de seulement deux mois) dans le village de Kavumu, proche de Bukavu.

Kavumu est situé dans le territoire de Kabare, dont M. Batumike est député à l'assemblée provinciale du Sud-Kivu depuis 2006.

Avec AFP

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