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Arrestation d' Omar el-Béchir : la CPI en référe à l'ONU


Le président soudanais Omar el-Béchir (archives)

Le président soudanais Omar el-Béchir (archives)

La Cour pénale internationale a décidé de référer à l'ONU le "défaut d'exécution" de l'Ouganda et de Djibouti concernant l'arrestation du président soudanais Omar el-Béchir, sous le coup de deux mandats d'arrêts.

"Dans deux décisions distinctes, les juges ont noté que l'Ouganda et Djibouti ont manqué à leur obligation d'arrêter et de remettre Omar el-Béchir alors qu'il était présent sur leur territoire pour assister à des cérémonies d'inauguration en mai 2016, empêchant ainsi la Cour d'exercer ses fonctions et pouvoirs en vertu du Statut de Rome", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La Cour "a décidé de référer cette question à l'Assemblée des Etats parties et au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies": "il leur appartient désormais de prendre les mesures qu'ils jugent nécessaires en la matière".

Faisant l'objet de deux mandats d'arrêt de la CPI émis en 2009 et 2010 pour des crimes commis au Darfour, M. Béchir a assisté aux cérémonies d'investiture du président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh le 10 mai et du président ougandais Yoweri Museveni le 11 mai.

Selon l'ONU, la guerre et les violences à l'ouest du Soudan ont fait plus de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis 2003.

L'actuel président soudanais est accusé de cinq chefs de crimes contre l'humanité (meurtre, extermination, transfert forcé de population, torture et viol) et de deux chefs de crimes de guerre, soit le "fait de diriger intentionnellement des attaques contre la population civile en tant que telle ou contre des civils qui ne participent pas directement aux hostilités et pillage".

Il fait également l'objet de trois chefs d'accusation pour génocide à l'encontre des groupes ethniques des Four, Masalit et Zaghawa.

En théorie, les Etats signataires du Statut de Rome ont l'obligation d'arrêter sur leur territoire les personnes recherchées par la juridiction et de les remettre à la Cour. Mais les pays africains ont émis ces dernières années de vives critiques à l'égard de la CPI, l'accusant de cibler exclusivement leurs dirigeants.

En juin 2015, le gouvernement sud-africain n'avait pas arrêté M. Béchir alors qu'il participait à un sommet de l'Union africaine (UA), provoquant une vive polémique.

En mai, M. Béchir a demandé un visa américain pour participer à la prochaine Assemblée générale des Nations unies en septembre. Si sa demande aboutit, cela constituerait sa première visite aux États-Unis depuis son inculpation en 2009.

Avec AFP

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