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Les analystes, divisés sur le plan de sauvetage de la Grèce


Si le problème de sa dette est réglé pour l’instant, à terme, on pourrait éventuellement assister à un défaut de paiement de la Grèce, mise dans l’impossibilité d’éviter la faillite en dévaluant à outrance.

Les analystes sont divisés concernant le plan de sauvetage mis au point ce weekend par le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne (UE). Si les ministres des Finances ont exprimé leur satisfaction, certains analystes redoutent que la Grèce soit incapable d’absorber les mesures d’austérité prévue.

Le plan de secours historique est chiffré à quelques 960 milliards de dollars pour aider Athènes et d’autres pays de la zone euro et endiguer la menace de contagion aux autres places financières.

A Paris, la ministre française de l'Économie Christine Lagarde s'est dite « convaincue » que le plan va fonctionner. Néanmoins, elle a également souligné que la crise grecque était en quelque sorte une sonnette d’alarme pour les pays européens, qui devront reprendre en main de leurs finances publiques.

Pour le professeur Jean-François Seznec de l’université Georgetown à Washington, l’annonce du plan de secours a eu un effet thérapeutique sur les places boursières lundi, mais mardi, les marchés étaient plus hésitants.

Que redoutent les analystes qui restent sceptiques face au programme ? Qu’on ait placé un pansement léger sur une plaie profonde. Certes la Grèce va pouvoir dans l’immédiat faire face à ses obligations. Mais si le problème de sa dette est réglé pour l’instant, elle reste liée à l’euro, ce qui l’empêche de dévaluer et de devenir plus compétitive. Donc, à terme, disent ces analystes, on pourrait assister à un défaut de paiement de la Grèce, mise dans l’impossibilité d'éviter la faillite en dévaluant à outrance.

« La tentative de sauvetage de la Grèce n'est que le premier chapitre. Beaucoup reste à faire dans un avenir proche, aussi bien pour répondre à la crise en cours que pour réformer la zone euro » affirme Martin Wolf, éditorialiste économique au Financial Times.

La dette grecque atteint 300 milliards d'euros, soit 113% de son Produit intérieur brut.

S’exprimant à Bruxelles, le président du Conseil de l'Union européenne, le belge Herman Van Rompuy, a reconnu que le plan de sauvetage n’était « qu’un premier pas » dans la bonne direction.

« Notre problème est qu'à l'intérieur de l'euro zone, il y a d'énormes problèmes de développement économique. Et nous devons nous attaquer à ces divergences (en) ayant plus de convergence dans la politique économique et le développement économique. Et c'est pour pourquoi nous devons faire plus d'effort dans les années à venir pour nous attaquer à ces divergences » a estimé M. Van Rompuy.

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