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Elections américaines : une victoire des républicains compliquerait la tâche au président Obama


Le député républicain John Boehner de l'Ohio (au milieu) espère devenir président de la Chambre en cas de victoire des républicains en novembre.

Le député républicain John Boehner de l'Ohio (au milieu) espère devenir président de la Chambre en cas de victoire des républicains en novembre.

Perdre l’une ou l’autre reviendrait à donner aux républicains le pouvoir, entre autres, d’enquêter sur la Maison-Blanche et ses décisions, ce qui peut avoir d’importantes répercussions sur la présidence.

Effectuées entre deux présidentielles, les élections de mi-mandat, comme celles de novembre, sont des plus déterminantes dans la donne politique aux Etats-Unis. Le 2 novembre prochain, tous les sièges de la Chambre des représentants seront renouvelés, ainsi que le tiers du Sénat, soit 34 sièges sur 100.

Le parti démocrate du président Obama contrôle actuellement les deux chambres du Congrès. Perdre l’une ou l’autre reviendrait à donner aux républicains le pouvoir, entre autres, d’enquêter sur la Maison-Blanche et ses décisions, ce qui peut avoir d’importantes répercussions sur la présidence.

Pour illustrer ce propos, revisitons l’histoire. En novembre 1986, sous le président républicain Ronald Reagan, à mi-chemin de son second mandat, les républicains ont perdu le contrôle du Sénat au profit des démocrates qui détenaient déjà la majorité à la Chambre des représentants.

Le président Ronald Reagan

Le président Ronald Reagan

« La première chose qu’ils ont faite a été d’enquêter sur l’administration Reagan. C’était l’affaire Iran-Contra », se souvient le professeur Benjamin Ginsberg de l’université Johns Hopkins. Les démocrates, a-t-il dit, ont été en mesure d’utiliser ces enquêtes avec grand brio pour mettre un terme à l’agenda législatif et politique de Reagan.

L’Affaire Iran-Contra, ou «Irangate », impliquait la Maison Blanche dans une vente d’armement à Téhéran, alors sous embargo américain. Les profits auraient été utilisés pour financer secrètement, les Contras, un mouvement contre-révolutionnaire nicaraguayen de lutte armée regroupant les opposants au gouvernement marxiste-léniniste de Daniel Ortega.

La commission d’enquête formée de membres de la Chambre des représentants et du Sénat avait mis en cause plusieurs officiels de la Maison-Blanche. Les républicains rageaient de savoir leur leader attaqué et sali de la sorte. Et ils s’en souviendront lorsque le démocrate Bill Clinton arrivera à la Maison-Blanche en 1992.

L'ancien président Bill Clinton

L'ancien président Bill Clinton

Deux ans plus tard, les démocrates perdaient le contrôle du Congrès, donnant aux républicains le pouvoir d’examiner à la loupe les actions du président Clinton. L’affaire Monica Lewinski leur fournira une occasion en or.

En décembre 1998, La Chambre des représentants à dominante républicaine vote en faveur de la destitution du président Clinton en rapport avec cette affaire. Début 1999, le Sénat, bien que majoritairement républicain, n’a pas été en mesure de déclarer coupable M. Clinton et de le démettre de ses fonctions.

Le président suivant, le républicain Georges Bush, a, quant à lui, souffert de la perte totale de contrôle du Congrès en 2006, durant son second mandat. Les démocrates ont créé des commissions d’enquête sur l’espionnage présumé de citoyens américains par des agences de renseignement, sur la torture contre des suspects de terrorisme, et sur des contrats de défense avec l’Irak et l’Afghanistan jugés irréguliers.

L'ancien président George W. Bush

L'ancien président George W. Bush

Les élections de mi-mandat 2010 pourraient se solder par la fin du contrôle des démocrates sur le Congrès. Et si tel était le cas, il ne manque pas de républicains déjà dans les starting-blocks, pour, comme certains l’ont annoncé, examiner de près les actes du président Obama et les pratiques de son administration.

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