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A Libreville, les partisans de Ping ont "peur de se faire voler leur victoire"


Des soldats maintiennent l'ordre devant un bureau de vote où des électeurs attendent de voter pour leur président, à Libreville, Gabon, 30 août 2009.

Des soldats maintiennent l'ordre devant un bureau de vote où des électeurs attendent de voter pour leur président, à Libreville, Gabon, 30 août 2009.

"Qu'ils essayent de tricher et ils vont voir!" Devant l'école Batavea, à Libreville, un petit groupe d'électeurs de Jean Ping, le principal opposant gabonais à la présidentielle de samedi, s'est auto-proclamé "comité de vigilance".

Sexagénaire souriant, Dieudonné a décidé avec quelques amis de "ne pas bouger" de là jusqu'à l'heure du dépouillement. Une heure plus tôt, affirme-t-il, une femme a tenté de voter deux fois, mais "les gens ne l'ont pas laissée faire".

Contrastant avec les rues désertes de la capitale, l'engouement est palpable devant les centres de vote visités par l'AFP où se sont formées dès le début de la matinée de longues files d'attente.

Les partisans de l'alternance n'ont qu'une peur: se faire "voler leur victoire" alors que le poids lourd de l'opposition, Jean Ping, entend battre le président Ali Bongo Ondimba, candidat à un deuxième mandat après une campagne à l'américaine, à grand renfort de moyens.

A 36 ans, Claude Richardin vote pour la première fois de sa vie. "Les élections ont toujours été truquées jusque-là, mais cette fois il y aura peut-être la transparence", veut-il croire.

"Nous, ce qu'on veut, c'est changer de nom. Cinquante ans de Bongo, c'est trop", affirme son ami Fred, lassé de la famille au pouvoir depuis 1967. Omar Bongo est en effet resté 41 au pouvoir jusqu'à sa mort en 2009, lorsque son fils, Ali, lui a succédé.

"Tous les éléments sont réunis en vue de garantir un scrutin transparent et impartial", a redit samedi dans un communiqué le ministre de l'Intérieur, Pacôme Moubelet Boubeya, qui se félicite de la présence sur le terrain de plus de 1.000 observateurs gabonais et internationaux.

Rumeurs ou fraudes avérées?

Dans le quartier voisin de Lalala, "il y a un problème au bureau numéro 5", avertit une dame dans la cour de l'école primaire, bondée de monde.

Au premier étage, un attroupement s'est formé dans une salle de classe sous le regard d'une dizaine de policiers en uniforme. Le ton monte, et chacun veut donner son avis.

Un électeur, Christian Ename, hurle à la "tentative de fraude" car les bulletins censés être authentifiés par le président du bureau et ses assesseurs ont simplement été cochés, et non signés.

Fervent partisan de Jean Ping, il accuse le représentant de l'opposition dans le bureau d'être "un cheval de Troie", infiltré par le pouvoir pour "laisser passer la triche".

L'incident a interrompu le vote pendant près d'une demi-heure et Georgette, elle aussi membre du bureau, ne cache pas son agacement: "Il fait du bruit pour rien. Mais à cause des gens comme lui, après on va dire qu'il y a des fraudes partout!"

Simples rumeurs ou fraudes avérées? Les anti-Bongo ne cessent de poster depuis l'ouverture des bureaux de vote des messages alarmistes sur les réseaux sociaux : sur la page Facebook, "Les Gabonais de la Honte" par exemple, circule la vidéo d'un soi-disant "bureau-pirate" installé dans les locaux du Parti démocratique gabonais au pouvoir et qui aurait été démantelé par la population.

Contacté par l'AFP, Alain-Claude Bilie-By-Nze, porte-parole du candidat Ali Bongo, accuse en retour des opposants d'avoir "empêché" certains électeurs de voter à Awendjé dans le 4e arrondissement.

Avec AFP

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