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À Bangui, les Centrafricains craignent les conséquences sanitaires des cimetières urbains


Le panneau du centre pour les traitements d'épidémie à Bangui, Centrafrique, le 16 août 2016 (VOA/Freeman Sipila)

Le panneau du centre pour les traitements d'épidémie à Bangui, Centrafrique, le 16 août 2016 (VOA/Freeman Sipila)

La présence de nombreuses tombes dans certains arrondissements de Bangui inquiète la population. Durant la récente crise dans le pays, de nombreux corps abandonnés ont été enterrés dans les quartiers. Depuis plusieurs mois, l’inquiétude monte dans la capitale.

Sur place, Freeman Sipila est allé à la rencontre de la population.

Les habitants des quartiers de Bangui s’inquiètent des probables conséquences de ces enterrements sur leur santé.

Durant la crise, des corps en décomposition ont été enterrés aux abords des avenues, à proximité des habitations, dans des maisons ou encore dans des puits.

Dans le quartier Ngola à la sortie nord de Bangui, le chef Jean-Claude Ouaby explique avoir enterré lui-même de nombreux corps dans des concessions. À l’approche de la saison des pluies, il craint un risque d’épidémie.

Le quartier musulman de PK 5 est l’un des secteurs les plus touchés par ce phénomène. Malgré une opération d’exhumation des corps faite par l'ONG FSD, l’inquiétude est toujours là.

"On a exhumé certains corps, mais cela ne suffit pas", explique Amadou Roufaï, deuxième conseiller à la mairie du 3ème arrondissement, "on les a enterré dans une église, près de l'aéroport, partout !"

Face à la montée des inquiétudes, les voix s’élèvent pour demander une action urgente du gouvernement et de la Croix Rouge Centrafricaine.

Les habitants demandent de "faire un effort" pour déterrer les corps. Une jeune femme explique que l'un de ses voisins "a perdu ses enfants et les a enterrés dans sa concession". "On pouvait commencer à sentir les corps", décrit-elle.

Au ministère de la santé publique, le docteur Jean Pierre Bangamingo, coordonnateur des centres d’urgence en santé publique, reconnaît les dangers de cette pratique.

"La décomposition du corps peut entraîner les mauvaises odeurs et des conséquences au niveau pulmonaire", souligne le docteur. L'enterrement des corps près des zones d'eau potable est également dangereux, surtout "si le corps est décédé d'une maladie, comme le choléra", ce qui pourrait entraîner une épidémie.

À la Croix-Rouge Centrafricaine, un responsable a indiqué que l'institution a les qualifications et l'expérience pour ce travail et n'attend que l'autorisation du gouvernement, qui n’a pas encore réagi face à cette question.

Freeman Sipila (VOA Afrique - Bangui)

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