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Nigeria : le Parlement confie l’intérim au vice-président Jonathan


Le parlement nigérian a investi le vice-président Goodluck Jonathan président par interim, plus de dix semaines après le départ du president Umaru Yar’Adua en Arabie saoudite pour des soins médicaux.

Le Sénat et la Chambre des représentants ont adopté une résolution stipulant que le vice-président Goodluck Jonathan remplace temporairement le président nigérian, commandant en chef des forces armées.

Le vice président a assumé les fonctions du président depuis qu’Umaru Yar’Adua a quitté le pays, le 23 novembre, pour l’Arabie Saoudite, où il est hospitalisé pour une affection cardiaque. M. Jonathan ne pouvait cependant être investi président par intérim car Umaru Yar’Adua n’avait pas notifié le parlement de son absence par écrit comme le stipule la Constitution.

Les deux chambres se sont basées sur un entretien du président Ya’Adua avec la BBC en janvier pour confirmer que le chef de l’Etat nigérian est en Arabie Saoudite pour traitement médical.

Pour le sénateur de l’Etat de Lagos, Ganiyu Solomon, le Parlement a répondu aux souhaits de la majorité des Nigérians. « Il se trouve que le président est absent depuis 78 jours, ce qui a généré un blocage. Quelqu’un doit bien prendre l’initiative pour une solution acceptable aux yeux des Nigérians. Nous avons vu juste et répondu à leur attente, qui était de transmettre le pouvoir officiellement au vice-président », a-t-il expliqué.

Le sénateur d’Akwa Ibom, Bob Effiong, affirme pour sa part que le pays est en meilleur posture depuis que les parlementaires ont investi Goodluck Jonathan en tant que président intérimaire. « L’intérêt du Nigéria est d’une importance capitale. Le pays ne peut se passer de président, de leader, dans ces temps critiques, pour prendre en charge les fonctions de la présidence. Nous ne pouvons laisser un tel poste vacant, et je pense que le sénat a pris la bonne décision », a déclaré Effiong.

Mais tous les parlementaires ne sont pas du même avis. Yakubu Garba Lado, sénateur de Katsina, l’Etat d’origine d’Umaru Yar’Adua, a émis un doute sur la légalité de cette décision, demandant comment l’Assemblée pouvait considérer une simple interview valable, quand la loi exige une notification écrite.

« L’article 145 indique clairement que le président doit notifier son absence par écrit. Je me demande comment d’éminents sénateurs pourraient accepter une interview, un entretien radiophonique mis en doute par nombre de Nigérians qui ne sont même pas certains que c’était la voix du président », a dit le sénateur Lado, estimant que les parlementaires ont dépassé le cadre légal de leur fonction en votant cette loi.

Le grand tournant politique a été amorcé la semaine dernière quand les gouverneurs d’Etat du Nigéria ont déclaré qu’Umaru Yar’Adua devait transférer son pouvoir au vice président Goodluck Jonathan, et ce, pour le plus grand intérêt du pays.

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